Martin Rev / Kill for Total Peace

 date du concert

09/06/2012

 salle

Glaz’Art,
Paris

 tags

Glaz’Art / Kill for Total Peace / Martin Rev

 liens

Glaz’Art
Martin Rev
Kill for Total Peace

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La grosse affiche du samedi soir, elle était cette semaine au Glaz’Art avec la venue de l’ex-Suicide Martin Rev qui cloturait ici sa tournée française. En première partie on découvrait Kill for Total Peace, duo franco-britannique hébergé sur le label Pan European Recording, aux cotés de Koudlam et Sir Alice.

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Kill for Total Peace

Le concert de Kill for Total Peace a déjà débuté alors que l’on rentre dans la salle. Sur scène, un musicien entouré de machines caché sous le pseudo d’Intra Moros. De l’autre côté, statique, appuyé sur son micro, le chanteur qui répond au nom de Oliver Gage. Entre les deux, un troisième homme assis sur un tabouret restera immobile pendant tout le concert. Concept.
On est tout de suite séduit par la formule, happé par le tempo mécanique, lourd et répétitif, des mélodies minimales et entêtantes, tandis que le chant, sombre, semble tout droit sorti des années cold/dark/new wave. Il y a quelque chose de très rock dans cette musique très électronique dont les contours s’affinent petit à petit. Des claviers qui partent brièvement dans une envolée kraut-rock à la Tangerine Dream, une rythmique qui semble tout droit sortie d’un titre de Kraftwerk suscitera quelques applaudissements, le tout étant enrobé d’une légère pointe de psychédélisme.
Les morceaux sont généralement enchainés, laissant l’auditeur errer dans cette ambiance de fin de règne, puis le chant cesse pour un long final instrumental et expérimental, textes scandés et glissements électroniques sonnent l’alarme. Tous aux abris. Chouette concert, belle ambiance, mais on pourra regretter l’approche théâtrale, le style un peu poseur de cette formation.

À 21h c’est Martin Rev qui enchaîne, seul sur scène avec ses synthés et son micro. Le public qui avait gardé une distance de sécurité lors de la première partie est ici collé à la scène et dès les premières notes, sifflements et cris en tout genre témoigneront de l’enthousiasme sans borne que suscite l’ex-Suicide. Le public venu en nombre modéré donnait du coup une impression d’intensité qui n’était pas gagnée d’avance.

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Martin Rev

Musicalement, le set de Martin Rev est très répétitif puisque tous les morceaux sont plus ou moins construits selon le même principe. L’Américain commence par lancer des boucles tirées de ses machines, efficaces et entêtantes, puis il se met à chanter avec un ton très rock, brut. On ne cherche pas la perfection du son ici, la musique se contente de donner un tempo, une ébauche mélodique, l’artiste enchaine ses boucles avec une certaine approximation, le chant se fait parfois déliquescent, et chaque titre se termine dans un brouhaha de claviers saturés alors que Martin Rev maltraite son clavier à grand coup de moulinets, jouant un maximum de note simultanément.
Et puis petit à petit on se fait surprendre par quelques titres venus d’on ne sait où alors que l’Américain se décide à porter ses lunettes pop-lumineuses. Chant et final ne changent pas, mais on passe par des boucles de salsa, plus tard la base semble provenir d’un tube des années 60 et on aura même droit à un slow. Plus le concert avance et plus le public se lâche, comme en transe, tandis que certains font mine de sauter de la scène.
C’est au bout d’1h10 que le concert prendra fin, 1h10 de bruit et de sueur, entre trip psychédélique et faille spatio temporelle.

Fabrice ALLARD
le 17/06/2012

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