Siestes Electroniques 2012 : Nils Frahm

 date du concert

28/06/2012

 salle

Hôtel de l’Archevêché,
Toulouse

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Festival des Siestes Electroniques 2012 / Hôtel de l’Archevêché / Nils Frahm

 liens

Nils Frahm
Festival des Siestes Electroniques 2012

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Une fois de plus, nous voici à Toulouse à l’occasion de la 11ème édition des Siestes Électroniques. La formule désormais connue est conservée avec des soirées payantes dans de nouveaux lieux, une soirée club et les concerts gratuits le week-end, cette année dans un nouveau parc.

Si la programmation est toujours de qualité avec notamment de nombreuses découvertes à faire, notre déplacement était d’autant plus motivé que c’est Nils Frahm qui avait l’honneur d’ouvrir cette nouvelle édition. Nous l’avions vu il y a quelques mois encore au Café de la Danse où il nous révélait une nouvelle facette de son travail et on se faisait une joie de le revoir ici, dans un nouveau cadre.
Rendez-vous était donc pris à l’Hôtel de l’Archevêché, dans une petite rue du vieux Toulouse. Alors que l’on imaginait le concert en intérieur, c’est en fait dans une petite cour intérieure qu’étaient installés pianos et bancs, nous rappelant les éditions 2007 et 2008 qui débutaient dans la cour de la DRAC (avec notamment Charlemagne Palestine, Angel, Robert Henke).

Le temps de laisser le public arriver, de prendre une bière pour affronter la chaleur, et le concert débute vers 20h45. Comme au Café de la Danse, Nils Frahm commence par prendre la parole dans un style unique, empreint d’une fausse maladresse, de douceur, d’un humour pince sans-rire. Au dessus de nous des oiseaux passent dans le ciel en piaillant, et Nils nous rapporte les propos de sa grand-mère qui lui expliquait que lorsque les oiseaux volent bas, c’est signe qu’un orage approche. Il nous annonce alors qu’il va jouer plus rapidement que d’habitude pour finir son concert avant que l’orage ne nous emporte tous...
Quel contraste que de parler d’apocalypse et d’enchainer avec une musique aussi belle et douce. On s’y attendait un peu, assez logiquement ce concert partageait quelques similitudes avec celui de février dernier. Ainsi de la même manière il débute par le minimaliste Said and Done, une note répétée à l’infini avant de poursuivre sur des mélodies douces amères. Le morceau suivant n’a pas encore de titre, aussi Nils nous invite à lui en proposer un au cas où on serait inspiré. Ayant toujours un bon mot pour nous faire esquisser un sourire, il se fait rassurant en annonçant que s’il retenait notre titre, bien entendu il était prêt à faire "fifty fifty"... Ce morceau sans titre se compose d’une série de vagues de notes, d’envolées lumineuses qu’il enchaine avec d’autres titres dont le fameux et explosif More, incroyablement efficace.

Le concert se poursuit dans une grande sérénité, le public écoute religieusement tandis que les hirondelles qui crient et tournent dans le ciel viennent habiller les pièces de l’allemand d’une touche ambient. Et puis vient la petite surprise du jour, après une cinquantaine de minutes de concert, Nils Frahm demande si quelqu’un veut l’accompagner. C’est d’abord un échec, et étonné que personne ne joue de piano Nils lancera un amusant "What’s wrong in Toulouse ? Nobody plays music ?" et propose d’animer un petit atelier après le concert.
Finalement une jeune femme se lance et le duo s’installe. Superbe moment que de voir la pièce se mettre en place, elle d’abord sur des aigus jouant de répétitions et changements de rythmiques que Nils Frahm s’applique à suivre ou mettre en relief, décollant ensemble à grand renfort de basses. Après un retour au calme, il inverse la vapeur et enchaine avec un titre très rythmé que la jeune femme tentera de suivre. Ça fonctionne à merveille et les quelques frissons qui parcourront nos bras ne seront pas du à fraicheur de la nuit qui commence à tomber.

Il n’y aura pas eu d’orage, seulement un tonnerre d’applaudissements. L’occasion de se moquer de ces oiseaux qui n’y connaissent rien en prévision météo et d’enchainer avec deux rappels.
Une superbe soirée, un cadre intimiste, et encore une fois un artiste généreux, en communion avec son public, y compris ceux qui n’ont pas payé (humour !) saluant quelques personnes qui l’applaudissent alors qu’ils ont suivi le concert de leur fenêtre.

Le point de vu était d’ailleurs sympathique, on les remercie nous aussi pour cette vidéo :

Fabrice ALLARD
le 29/06/2012

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