Siestes Electroniques 2012 : Kassem Mosse / James Blackshaw / Matthew Friedberger / Morphosis / Saåad

 date du concert

30/06/2012

 salle

Jardin Compans Caffarelli,
Toulouse

 tags

Festival des Siestes Electroniques 2012 / James Blackshaw / Jardin Compans Caffarelli / Matthew Friedberger / Saåad

 liens

James Blackshaw
Festival des Siestes Electroniques 2012
Saåad
Matthew Friedberger

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Cinq ans au Jardin Raymond VI, cinq ans à la Prairie des Filtres, c’est donc en toute logique que ce nouveau quinquennat débute lui aussi dans un nouveau cadre. Nos petites recherches sur le Parc Compans Caffarelli nous posèrent quelques questions : un lieu plus petit, plus "fermé" avec de très nombreux arbres, on se demande un peu comment contenir un public devenu nombreux au fil des années dans un espace qui nous rappelle un peu le Jardin Raymond VI des débuts.
On le sait, les organisateurs revendiquent une envie de revenir aux premières heures, de retrouver taille humaine, ambiance familiale et une exigence musicale toujours plus aiguisée. Verdict dimanche soir...

Alors que l’on s’était habitué au rythme toulousain, à la cool, avec les concerts qui commencent avec 30mn de retard, voici que nous étions en retard pour le premier live. En effet à 17h10 le duo toulousain Saåad est déjà sur scène. On est surpris par ce que l’on entend, très agréablement surpris même, puisqu’il s’agit d’une ambient à base de drones, d’oscillations répétitives, entêtantes. Sur scène l’un est à la guitare et pédales d’effets, le second au laptop, traitements et voix complètement noyées dans les nappes. Peut-être est-ce du au concert en plein air, mais c’est un sentiment de douceur qui domine ici, alors que les productions du duo apparaissent plus sombres, étouffantes, voire rugueuses.
Une excellente découverte, et déjà un peu l’impression de voir ici un groupe qui aurait pu figurer au line up de l’une des premières éditions des Siestes.

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Morphosis

Vers 17h30 on passe à Morphosis, un nom un peu pompeux sous lequel se produit le libanais Rabih Beaini. Seul sur scène avec un synthé analogique, un micro et quelques machines, il délivre une musique électronique expérimentale, dominée par l’abstraction mais révélant quelques influences techno calées entre un drone électronique, des crissements synthétiques et des percussions qui crachotent. Morphosis joue avec des sonorités brutes, des machines qui grésillent comme des basses bien rondes, sa boite à rythme est minimale et claquante, l’ensemble parait chaotique, pas de toute, c’est un véritable live avec les aléas qui en font le charme.
Morphosis semble hésiter à faire danser les gens, parfois le tempo se fait un peu plus binaire, mais jamais très longtemps. Ce n’est que sur le dernier titre que le libanais fait décoller son set avec une techno minimale du plus bel effet.

On profitera de l’installation du groupe suivant pour découvrir les nouveaux lieux. L’espace réservé au public est effectivement plus petit et déjà bien plein en ce samedi. La scène est des plus dépouillée, un peu tristoune alors que les deux années précédentes un généreux sponsor permettait une décoration florale et originale. On retrouve la tente Radio Campus, les ateliers musicaux pour les enfants, mais on y perd niveau restauration puisque l’on s’était un peu attaché aux petits plats soignés des Françoise Merlu qui n’ont cette année qu’un petit stand sandwich (certes bons). Heureusement, ils n’ont pas touché aux bières, du coup on prend un verre et on regagne le devant de la scène.

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Matthew Friedberger

18h30, c’est au tour de Matthew Friedberger en version solo alors qu’il est connu pour mener The Fiery Furnaces avec sa sœur. Une jeune femme l’accompagne sur scène, derrière un laptop qu’elle ne touche pas... elle est vraisemblablement là uniquement pour pallier à un éventuel problème technique et faire de jolis sourires. :-)
Matthew dispose d’un clavier qu’il n’utilisera quasiment pas lui non plus. Il commence par nous expliquer que la pièce qu’il s’apprête à jouer a entièrement été composée pour les Siestes. La musique démarre, enregistrée, et Matthew chante par dessus. Une musique pop basée sur des collages de samples, tour à tour orchestrale et électroniques, une pop qui pourrait être sortie des studio du GRM, digne héritière d’un Pierre Henry. Il y a dans ce set un petit côté grandiloquent, façon cabaret baroque, une prestation théâtrale dont le texte, entre chant et spoken word nous apparait facilement interchangeable, tout en gardant la même bande son. Le débit de Matthew Friedberger est impressionnant, s’aidant parfois de son petit carnet, nous contant une histoire triste avec humour.
Un set étonnant, là encore atypique, décalé, mais que l’on trouvera peut-être un peu long, toujours sur le même principe, le même tempo.

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James Blackshaw

C’est ensuite James Blackshaw qui prend le relai. Connaissant plutôt bien le bonhomme pour l’avoir vu à plusieurs reprises sur Paris, on en profite pour faire le tour du parc. L’espace est plutôt bien fichu puisque l’on entend la musique de partout, tout autour de l’étang, puis le jardin japonais (malheureusement fermé), avec un rappel sonore à l’autre bout du parc, bénéficiant d’un nouvel espace bibliothèque et d’un deuxième bar des Siestes.
De retour vers la scène, James Blackshaw s’apprête à jouer un dernier morceau. On est agréablement surpris par son jeu, plus contrasté qu’à son habitude, avec des cassures brutales, une alternance de douceur et d’aridité. Ce n’est pas des plus subtiles, mais cela a le mérite d’être moins lassant que d’accoutumé. Le public est visiblement conquis, certains même émerveillés à en croire quelques regards, et l’anglais quittera la scène sous des applaudissements particulièrement nourris.

On terminera ce samedi avec Kassem Mosse qui prend place aux alentours de 20h30. Un live laptop/machine présenté comme de la techno minimale. On est plutôt enthousiaste mais les choses seront un peu lentes à se mettre en place, le jeune homme débutant plutôt par une tech-house chaloupée aux mélodies de bleeps jazzy.
Petit à petit la musique gagne en épure, les rythmiques se font à la fois plus présentes et plus minimales, et une fois les machines en route et le public debout c’est parti pour 30mn d’une efficacité redoutable avec, cerise sur le gâteau, un final cut up et un départ de la scène en courant. Le public en redemande, mais l’artiste a dit son dernier mot.

Finalement, la programmation de cette première journée est à l’image des 10 ans de Siestes Électroniques : pleine de découvertes, électronique mais puisant toujours dans d’autres registres, avec comme élément marquant ce jour, des prestations sans fioritures, une marque d’authenticité.

Fabrice ALLARD
le 01/07/2012

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