Siestes Electroniques 2012 : Luke Abbott / Tom Terrien / Bruce Lamont / Aymeric Hainaux & Tanya Tagaq

 date du concert

01/07/2012

 salle

Jardin Compans Caffarelli,
Toulouse

 tags

Aymeric Hainaux / Bruce Lamont / Festival des Siestes Electroniques 2012 / Jardin Compans Caffarelli / Luke Abbott / Tom Terrien

 liens

Aymeric Hainaux
Festival des Siestes Electroniques 2012
Bruce Lamont
Luke Abbott
Tom Terrien

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

Ce deuxième jour des siestes dans le Jardin Compans Caffarelli s’annonce incertain. La pluie ne cesse de tomber sur Toulouse, s’arrêtant tout juste quelques minutes pour reprendre un peu plus tard. Tout le monde suit les comptes twitter et facebook de l’événement afin de savoir si un plan B est prévu, ou si les siestes sont annulées.
Finalement c’est la solution roots qui est retenue, à l’image de ce bon petit festival familial, avec une mini scène improvisée, tout juste abritée sous une petite tente, aux abords d’une aire de jeu pour enfants.

On arrive encore sur place vers 17h10, mais cette fois on est en avance. Le parc est tristement désert mais il ne pleut plus. C’est en poursuivant notre chemin que l’on tombe sur des festivaliers amassés autour du bar, et sur la nouvelle scène qui est en train d’être installée. James Blackshaw qui jouait la veille est présent, et on aperçoit Aymeric Hainaux et Tanya Tagaq qui doivent jouer vers 18h. En attendant que les choses se mettent en place, ballade dans le parc et le jardin japonais qui est ouvert et de toute beauté. C’est le conseil touristique du jour si vous prévoyez un séjour dans la ville rose.
De là, on entend quelques essais son, des "boom tchack" qui nous laissent à penser que le concert d’Aymeric Hainaux ne va pas tarder à commencer.

JPEG - 119.8 ko
Aymeric Hainaux & Tanya Tagaq

C’est finalement a peu près à l’heure prévue que le duo formé par Aymeric Hainaux et Tanya Tagaq débute. Ayant déjà vu Aymeric à plusieurs reprises, nous n’avions pas l’effet de surprise que l’on pu lire sur des visages, ou entendre de la part de quelques spectateurs. Pour nous la découverte c’était ce duo avec Tanya Tagaq, artiste canadienne spécialiste du "chant de gorge", une tradition inuit qui se pratique généralement sous forme de duel, de joute verbale que l’on comparera aux battles du hip-hop.
Le lien était donc tout trouvé entre les deux artistes : lui créant ses rythmiques façon human beatbox, elle des cris et hululements improbables, le tout dans un jeu de scène quasi théâtrale, alternance de confrontations et de rapprochements. On notera que le corps a toujours une importance capitale dans le jeu du français, très expressif, qui allait encore plus loin aujourd’hui lorsqu’il cognait ses genoux sur la scène en plaquant son micro sur ses cuisses.
Pour terminer cette prestation qui était en grande partie improvisée, Aymeric va chercher un vieux magnétophone dans son sac, le temps de caler une cassette Tanya improvise quelques chants inuit, puis le duo conclut par un superbe morceau, d’une douceur inattendue avec un drone sorti du magnéto, une rythmique plus en retrait et un chant particulièrement harmonieux. Assurément l’un des grands moments du festival.

JPEG - 224.1 ko
Bruce Lamont

Surprise ensuite avec Bruce Lamont, venu de Chicago et membre du groupe métal Yakuza. À voir sa dégaine, on est effectivement plus proche des clichés du genre (cheveux longs, tatouages, vêtu de noir et taillé comme un bucheron) que du geek derrière son laptop. Cela dit, si Bruce Lamont est entouré de guitare, saxophones, clarinette et pédales d’effet, on remarquera qu’il dispose également d’un iPad...
Là encore, grosse surprise que de trouver ce genre d’artiste aux Siestes Électroniques. Bruce Lamont commence par jouer une mélodie de guitare qu’il met en boucle avec ses pédales. Il ajoute ensuite quelques effets rythmiques en frappant le corps de sa six cordes, puis il prend son micro pour quelques borborygmes habités. Le concert sera une alternance d’expérimentations bruitistes, de drones incisifs, et de superbes mélodies de cuivres, un set atypique et surprenant que le public, dans sa majorité, suivra avec attention.

On se demande ce qui va se passer ensuite car l’heure tourne et Rhosyn a annulé. On s’attend à voir arriver Luke Abbott, mais c’est finalement le local Tom Terrien qui s’installe avec laptop et deux synthés. Malheureusement il jouera de malchance puisqu’à trois ou quatre reprises son set se voit coupé au bout de 5mn par un problème technique.
Après quelques reprises infructueuses on se demande si on ne frôle pas l’abandon, mais non, le toulousain fait une nouvelle tentative qui sera la bonne, pour le plus grand plaisir des amis venus sur place. Peut-être que les problèmes techniques auront joués sur notre appréciation, mais pour notre part on s’ennuiera ferme. Rythmiques vues et revues, sans la moindre inventivité, jeu de clavier nonchalant et basique, entre douceur d’un jazz soupe au lait et réguliers élans abrasifs, prévisibles, qui relancent l’intérêt du public. On attendra donc péniblement que ça se passe et on cherchera par la suite à en savoir un peu plus. Au final on est d’autant plus déçu par ce set que sur disque le travail du toulousain est autrement plus fin.

JPEG - 119.4 ko
Luke Abbott

Il doit être 21h quand Luke Abbott prend place. En 5mn il a branché ses trois machines (laptop, monome et contrôleur) et il démarre dans la foulée. Tom Terrien a préparé le terrain, le public est chaud, aussi l’anglais n’y va pas par quatre chemins et lance immédiatement ses rythmiques soutenues. On ne sera pas bluffé par la musique, assez prévisible, mais comme on dit, ça fait le boulot. Le jeune homme est à fond dans son set, il triture ses potentiomètres à toute berzingue, c’est parfois un peu démonstratif, mais au moins on se rend compte que c’est du live et qu’il peut y avoir une interaction avec le public qui ne cesse de manifester son enthousiasme.
Plaisant, plus excitant que son prédécesseur, mais bien loin de l’efficacité de Kassem Mosse qui jouait la veille. Là aussi, on préfère la finesse des enregistrements de Luke Abbott.
Malgré les quelques frayeurs météorologiques, comme chaque année les siestes se terminent sur un air de fête. Alors que la nuit tombe sur Toulouse, l’air commence à se faire frisquet mais au Jardin Compans Caffarelli Luke Abbott réchauffait les cœurs !

C’est peut-être un détail, mais finalement cette déconvenue météorologique nous a fait penser aux premières éditions des Siestes, avec un Jardin Raymond VI quasiment vide, le public qui cherche les arbres pour s’abriter, l’évocation d’un repli aux Abattoirs. C’est dans ces conditions aussi que l’on voit les véritables spectateurs du festival, ceux qui se déplacent quel que soit le temps.
En ce dimanche en effet, il n’y avait guère de familles à se promener dans le parc, guère de spectateurs s’arrêtant par hasard au détour d’une mélodie ou d’une rythmique. Seuls quelques ados attardés dansant dans un jardin d’enfant.

JPEG - 260.6 ko
Dancing on... Luke Abbott

Fabrice ALLARD
le 04/07/2012

À lire également

30/06/2012
Siestes Electroniques
(Jardin Compans Caffarelli)
29/09/2009
Lucky Dragons / Aymeric
(Espace En Cours)
28/06/2012
Siestes Electroniques
(Hôtel de l’Archevêché)
27/05/2008
White/Lichens / James
(Mains d’Oeuvres)