Gareth Davis & Frances-Marie Uitti

Gramercy

(Miasmah / Import)

 date de sortie

04/05/2012

 genre

Classique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Expérimental / Frances-Marie Uitti / Gareth Davis / Miasmah

 liens

Miasmah
Gareth Davis
Frances-Marie Uitti

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Jusqu’à présent, Gareth Davis nous était principalement connu (même si absent de ces pages) pour ses disques élaborés en compagnie de Machinefabriek ou Steven R. Smith. Ce n’est pas avec Gramercy que cette prise en compte du travail de l’Anglais va être modifiée puisque ce disque, paraissant sur Miasmah le voit opérer avec France-Marie Uitti, violoncelliste dont on nous indique qu’elle est réputée pour son jeu au double archet, lui permettant ainsi de faire sonner deux cordes de son instrument de manière simultanée. Indubitablement, cette propension à créer, seule, des clusters et esquisses de drone se marie alors sans peine avec les textures générées par Gareth Davis. À eux deux, les musiciens concoctent ainsi sept morceaux, parfois grinçants (quand l’instrument joue sur les crissements), parfois malaisés, mais faisant assurément montre d’une belle maîtrise et d’une bonne capacité à dialoguer. Dialogue poussé à certains moments dans de telles profondeurs qu’on éprouve même quelques difficultés à saisir si telle sonorité provient du violoncelle ou des éléments électroniques (la fin de Felt).

Au-delà de son jeu en notes tenues, Fances-Marie Uitti sait également intervenir de manière plus éparse et parcimonieuse, se ralliant de la sorte au travail minimal que peut développer, de son côté, Gareth Davis (Cold Call). Dans une approche un peu plus dense, les notes brèves et saccadées de Detour trouvent, avec les nappes de ce dernier, un idéal support. Pour servir sa rapidité d’exécution, le double archet est évidemment très utile, allant même jusqu’à donner une impression de vertige face à la superposition des lignes de notes. Enfin, les souffles préparés par la clarinette basse du Britannique peuvent aussi accueillir, avec ce qu’il faut de caractère inquiétant et sombre, la résonance du violoncelle de l’États-unienne (Razor, évidemment tranchant de par ses lacérations sonores).

En définitive, alors qu’on aurait pu craindre, vu le matériau de départ, un disque un peu trop homogène (tant dans ses sonorités que ses ambiances), Gramercy s’avère assurément plus riche et diversifié, fruit de la rencontre réussie entre ses deux auteurs.

François Bousquet
le 20/07/2012

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