Sylvain Chauveau

Abstractions (EP)

(flau / Import)

 date de sortie

15/05/2012

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / flau / Néo-Classique / Sylvain Chauveau

 liens

Sylvain Chauveau
flau

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Pas si fréquente, la pratique du disque sur lequel un artiste compile les remixes qu’il a lui-même effectués s’avère pourtant tout aussi pertinente que la perspective inverse (le disque d’un artiste remixé par d’autres). Depuis dix ans qu’il réalise des remixes d’autres musiciens, Sylvain Chauveau est maintenant bien familier de ce mécanisme même si, sur ces pages, on n’a jamais encore eu l’occasion d’évoquer ce versant de son travail. Abstractions constitue donc le moyen de se pencher dessus en relevant immédiatement que le Français nous offre là six inédits pour un seul morceau déjà paru ailleurs. C’est du reste avec celui que cet EP s’ouvre et voit Chauveau retravailler le Heart Beating d’Agoria dont il enlève la rythmique, gardant la voix de la chanteuse Kid A et remplaçant les cordes samplées par un orchestre symphonique de quarante instruments à cordes ; au total, le morceau se fait évidemment moins entraînant mais plus poignant et centré sur les paroles d’une chanson traitant de l’absence amoureuse (« I can hear your heartbeat in the silent night/I know that you’re not with me and that’s not right »).

Les six autres titres se partagent entre remixes de propres morceaux du Français et travaux sur des titres d’autres artistes. Pour ses propres compositions, il s’occupe de deux plages issues de ses anciens disques en remontant tout d’abord à Dernière étape avant le silence dont on ne perçoit guère les différences avec l’original. C’est ensuite au tour d’A_, pièce conclusive de son mini-album S, d’être remixée afin de lui faire aborder des rivages proches d’une electronica minimaliste et expérimentale sur le plan instrumental, tandis que le chant, en place des bribes vocales initiales, propose des phrases entières marquées par l’utilisation de deux micros et des deux canaux de la stéréo (comme sur son dernier album en date). Enfin, place à un morceau d’Arca (Attractions, que l’on trouvait sur Angles), sombre et inquiétante pièce à la base, muée ici en mini-rouleau compresseur opaque parsemée d’impulsions électroniques.

Pour les trois autres morceaux, et à l’image d’Agoria, Sylvain Chauveau est parfois allé chercher des artistes que l’on n’associerait pas nécessairement à son champ lexical. Ainsi, le folk très orchestré de Paul Duncan se trouve réduit à sa plus simple expression (voix de l’États-unien et guitare acoustique sur laquelle on entend les doigts courir) de même que la slow-pop des Néerlandais d’At The Close Of Every Day dont le chant principal est conservé mais qui voit sa guitare grattée remplacée par un piano épuré. Pour terminer, en revanche, on ne sera pas surpris de retrouver un remix de Stretchandrelax, l’une des formations de Félicia Atkinson, où Sylvain Chauveau chante sur un piano lointain et incertain, conclusion idoine d’un disque faisant impeccablement le tour des accointances du Français.

François Bousquet
le 26/07/2012

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