Le Shaga

 auteur

Marguerite Duras

 metteur en scène

Claire Deluca et Jean-Marie Lehec

 date

27-28/07/2012 et 04/08/2012

 salle

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
 tags

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris / Marguerite Duras

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Donné en début de saison à l’Athénée, Le Shaga est repris dans le cadre de Paris Quartier d’Été, occasion à la fois de découvrir ce texte de Marguerite Duras et d’assister à une représentation théâtrale dans la cour de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Dans cet hôtel particulier Renaissance, au cœur du Marais, bancs, chaises et coussins étaient disposés dans la partie haute de la cour et ce fut en haut de la volée d’escalier la séparant de la partie basse que les trois comédiens jouèrent.

Peut-être inspirée de certains de ses comparses des Éditions de Minuit, Duras embrassa, avec cette courte pièce, le registre de l’absurde : une jeune femme se lève un matin et parle « shaga », soit un langage incompréhensible sauf pour une autre femme (Claire Deluca, metteur en scène et qui joua la pièce à sa création) tandis qu’un homme arrive, un bidon d’essence vide à la main, et tente de se mêler à la conversation. Comme à chaque fois avec ce type de proposition, on retrouva, dans Le Shaga, les habituels points forts et limites de ce style dramatique. Ainsi put-on apprécier d’être plongé in media res, sans aucune scène d’exposition, dispositif propre à faire naître un sentiment de perte, reportant la résolution et l’explication du « shaga » à la toute fin. Plus encore, on goûte le jeu sur le langage, la trituration des mots et la grande liberté du style, souvent jubilatoire.

Néanmoins, on peut aussi estimer que le texte fait montre d’un peu trop de relâchement, délayant notamment à l’infini certaines situations minuscules (l’histoire de l’oiseau-parleur, par exemple) ou enchaînant régulièrement les répétitions. Plus généralement, l’impression que l’auteur se contemple en train d’écrire peut également poindre mais, sur une durée resserrée, la pièce produit cependant son effet. De surcroît, la représentation en extérieur vint ajouter à l’étrangeté de l’ensemble (ni lieu, ni époque précise ne sont, en effet, déterminés dans le spectacle) et au plaisir d’avoir fait une halte en terre « shagouine ».

Autres dates :
-  1er août 2012 : Caserne Sévigné - Paris
-  2 août 2012 : Coulée verte du Parc des sports - Gennevilliers
-  3 août 2012 : Musée de la Vie romantique - Paris

François Bousquet
le 31/07/2012