Anri Sala

 date

du 03/05/2012 au 06/08/2012

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Anri Sala / Centre Pompidou

 liens

Centre Pompidou

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Avant d’aller représenter la France à la Biennale de Venise en 2013, Anri Sala voit le Centre Pompidou lui offrir sa Galerie Sud pour une monographie qui, comme souvent en ce lieu, fait le choix d’utiliser sa proximité avec l’espace urbain. De fait, la grande baie vitrée située le long de la rue Saint-Merri est conservée telle quelle tandis que les deux autres façades sont recouvertes de cloisons opaques, propres à permettre la bonne visualisation des films projetés dans la Galerie.

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1395 Days Without Red
(courtesy Centre Pompidou)

En effet, la proposition d’Anri Sala se veut avant tout portée sur la vidéo avec la projection de quatre films sur cinq grands écrans : tournés à Sarajevo, Berlin, Bordeaux et Mexico City, ces vidéos s’attachent à des lieux chargés d’histoire puisqu’il s’agit de se souvenir respectivement du siège de la ville bosnienne, de la guerre froide, d’une ancienne salle de concert et de la reddition des Aztèques et du massacre des étudiants par l’armée en 1968. Mais c’est une évocation plutôt poétique et non frontale qu’envisage le plasticien en ayant notamment recours à la musique. Une jeune femme parcourt ainsi les rues de Sarajevo, fredonnant un air, ambitionnant de rejoindre son orchestre symphonique pour une répétition tout en évitant les balles de snipers lors de ses traversées de carrefours, voix et batterie dialoguent dans la station d’écoute berlinoise, un orgue de barbarie tourne autour de la salle bordelaise et des cartons perforés du même instrument sont manipulés par les étudiants mexicains.

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Doldrums
(courtesy Marian Goodman Gallery, New York)

Pour apprécier ces quatre films, Anri Sala convie le public à quelque chose davantage proche de la performance collective que de l’exposition vidéo traditionnelle : un écran ne correspond pas nécessairement à un film et réciproquement, les séquences des réalisations sont fragmentées, les spectateurs sont donc contraints à se déplacer en même temps d’un écran à l’autre, car aucun point de la Galerie Sud ne permet de voir les cinq écrans à la fois. Entre deux projections, on peut aussi s’arrêter sur les autres œuvres, là encore marquées par la musique : caisses claires dont les baguettes jouent toutes seules, petite boîte à musique actionnable par tout un chacun et reprenant le Should I Stay Or Should I Go ? des Clash, dont le thème est également présent dans les quatre films. Grâce à la spatialisation du son mise en place par Sala, rencontres et superpositions sonores entre la bande-son des films et cette matière musicale produite par ces instruments emplissent tout le lieu et le font baigner dans une atmosphère étrangement cotonneuse.

François Bousquet
le 03/08/2012

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