Francisco López

Untitled [2009]

(Baskaru / COD&S Distribution)

 date de sortie

15/10/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Baskaru / Expérimental / Field Recordings / Francisco López

 liens

Francisco López
Baskaru

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L’an dernier lors de Présences Électroniques Francisco López nous laissait quasiment de marbre. On ne parvint pas à rentrer dans son concert. Nous voici pourtant face à une œuvre d’une toute autre envergure puisque ce Untitled [2009] se révèle colossal : 2CD et 2h de musique, une quinzaine de pièces elles aussi "Untitled", autant d’expérimentations croisant field recordings et traitement sonore.

Cela fait pas loin de 15 ans que Francisco López sort des productions intitulées Untitled, tantôt des disques portant le titre de la pièce unique qui les compose (Untitled #164 chez Unsounds, Untitled #244 chez Sub Rosa, Untitled #284 chez Cronica), tantôt des albums-archives composés de plusieurs titres, référencés pour leur part avec l’année de composition comme c’est le cas ici.
Le disque s’ouvre sur des enregistrements de ronflements. Quelqu’un qui dort, des bruitages évoquant une nuit étoilée, des chants d’insectes, bruits de pas sur un chemin caillouteux, puis une sorte de drone soufflant qui semble signifier la bascule dans un autre univers. Ce qui marque après quelques morceaux, c’est l’aspect mystérieux de cette musique, à la fois extrêmement abstraite et capable d’évoquer une multitude de choses. Des souffles frétillants nous font penser à des serpents aux sifflements menaçants sur Untitled #225, des tonalités aériennes apportent une touche fantomatique à Untitled #234 ou Untitled #222 et on ne saura vous dire si les espèces de croassements de Untitled #233 sont issus d’enregistrements ambiants ou générés par des machines.

Francisco López joue sur deux tableaux, il alterne et mêle les procédés, créant à la fois une cohérence d’ensemble et une diversité qui permet de garder l’attention. Si parfois le ton se fait un peu plus virulent (les souffles et bruitages aquatiques de Untitled #240), ce double album est toutefois marqué par une dominante ambient, en version particulièrement minimale sur les 20mn du magnifique Untitled #231.
Le deuxième CD se situe complètement dans la lignée du premier, mais on notera qu’il débute également par une pièce composée de ronflements (Untitled #239), comme s’il s’agissait là d’un nouveau départ, d’une nouvelle proposition de voyage plutôt que de la continuité du premier. Moins imagé que la première partie, ce second volet apparait un peu plus dérangé, avec cette fois pour pièce principale les 20mn de Untitled #232, composée de tonalités graves et grésillantes, avec pour réponse ambiante le crépitement d’une pluie tropicale.

C’est donc un double voyage intérieur que nous propose l’artiste espagnol, certes expérimental mais moins abstrait qu’il n’y parait. À l’image de son concert à Présences Électronique où il nous conseillait vivement de nous bander les yeux, cet album s’écoute les yeux fermés et invite à se laisser aller.
À noter que cette chronique arrivant un peu tard, nous en profitons pour signaler que Untitled (2010) est déjà publié, en tant que première référence du tout nouveau label russe Alone At Last.

Fabrice ALLARD
le 14/08/2012

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