MXLX / Colin Johnco / Humbert Humbert

 date du concert

18/08/2012

 salle

Rigoletto,
Paris

 tags

Colin Johnco / Fairhorns / MXLX / Ocinatas Industries / Rigoletto

 liens

Rigoletto
Ocinatas Industries
Colin Johnco
Fairhorns
MXLX

 dans la même rubrique
29/11/2016
Moskus
(Maison de Norvège)
07/11/2016
Melmac
(Pop In)

L’été à Paris, c’est souvent un peu la mort d’un point de vue strictement musical (bis). Aussi, quand un plateau ambient-noise se monte, le samedi suivant le 15 août, c’est un peu inespéré. Du coup, c’est avec entrain qu’on rejoignit la cave du Rigoletto, fort heureusement climatisée en ce jour de canicule où, entouré d’une trentaine d’autres spectateurs, on assista à trois sets en solo par des musiciens également membres d’autres formations.

Ainsi, pour ouvrir la soirée, Humbert Humbert, membre de Chaos E.T. Sexual, se posta derrière sa table sur laquelle étaient disposées quelques machines pour livrer une ambient à la limite de la noise avec superposition progressive d’éléments et jeu sur sa pédale pour en niveler l’apport. Se saisissant également de sa guitare, il pouvait gratter l’instrument au médiator ou en frotter les cordes avec un tournevis, dans une tradition expérimentale assumée. Un tom, posé à sa droite, fut frappé énergiquement et, enfin, sa voix intervint, pour une adjonction inaudible réalisée via un petit micro-capteur. Marqué par un final plus dépouillé, le concert du Français bénéficia en outre de quelques visuels psychés (effets kaléidoscopiques, couleurs saturées, clignotements stroboscopiques) dont la contribution fut limitée par les conditions de projection. De fait, diffuser des vidéos sur le mur du fond quand le musicien est au milieu de la scène et que ce mur se constitue, de gauche à droite, d’un rideau noir, d’une porte blanche et d’un autre rideau noir, n’est pas forcément la meilleure idée.

Le temps d’intervertir les tables et Colin Johnco (membre de Farewell Poetry et déjà vu en duo avec Frédéric D. Oberland) prit place pour une partition nettement moins sonore avec même une base plus mélodique faite de suite d’accords ou de notes oscillantes. Quelques ajouts divers, allant à la limite du larsen, ainsi qu’un jeu sur les samplers donna un résultat ambient parfois quasi-mélancolique. Emballé par cette prestation, on fut déçu quand le musicien la clôtura, au bout d’une vingtaine de minutes. Sentiment apparemment partagé par le reste du public qui réclama et obtint un titre supplémentaire, qui fut néanmoins écourté en raison de problèmes techniques (crachotements, enceinte de retour qui sembla rendre l’âme).

Tête d’affiche de la soirée, si l’on peut dire, MXLX constitue l’un des avatars de Matt Loveridge, soit un tiers de Beak> (l’autre projet de Geoff Barrow de Portishead). Posté en fond de scène, avec ses machines sur une table, un tom et une grosse caisse à sa gauche, l’Anglais proposa un retour à la noise véritable avec volume sonore très appuyé, poussées et saturations symptomatiques. Avec un travail simultané au micro et au capteur (mis en bouche, frotté sur une cymbale tenue à la main), le Britannique se fit néanmoins parfois caricatural dans son approche très frontale des caractéristiques du style : cris dans le micro, break musical pour ne faire qu’hurler, morceau où le chant opérait a cappella sur des frappes de la batterie.

François Bousquet
le 20/08/2012

À lire également

FareWell Poetry
Hoping For The Invisible To Ignite
(Gizeh Records)
26/01/2013
Festival Mo’Fo 2013 : (...)
(Mains d’Oeuvres)
06/12/2010
Jonas Reinhardt / Rene
(Panic Room)