Chris Watson

El Tren Fantasma

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

14/11/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Chris Watson / Field Recordings / Touch

 liens

Chris Watson
Touch

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Croisé l’an dernier aux côtés de Marcus Davidson, Chris Watson nous revient en solo avec la version disque d’un concert qu’il donnait lors de l’édition 2011 du festival Présences Électronique. On se souvient bien de ce concert qui nous avait passablement ennuyé, en particulier avec ses voix off faisant office de guide touristique. Qu’en est-il alors de la version enregistrée ?

On en retrouve clairement l’esprit, le son aussi bien sûr, mais tout ce qui nous avait gêné lors du concert, à commencer par ces voix documentaires, semble avoir disparu.
Mais commençons par replacer le contexte : il y a une dizaine d’année, la compagnie ferroviaire mexicaine mettait fin à un service régulier traversant le pays d’ouest en est, de Los Mochis à Veracruz en passant par Mexico. Durant les dernières semaines de trafic, une équipe de la BBC était sur place dans le cadre d’une série documentaire sur les grandes lignes ferroviaires. Dans l’équipe de tournage se trouvait Chris Watson, alors responsable de l’enregistrement sonore. Pendant un mois il sillonna le pays, de gare en gare, de villes en villages, captant l’esprit du voyage, la faune locale, les modes de vie.

Comme bien souvent avec l’anglais, et à l’image du film produit par la BBC, nous sommes dans le domaine du documentaire. On embarque avec lui, une annonce confirme que l’on est dans le bon train, les portes claquent et on se laisse bercer par un jeu de chuintements, de souffles répétitifs du grincement des rails et des freins.
Chris Watson nous propose de faire le voyage d’ouest en est, chaque piste portant le nom d’une gare dans laquelle on s’arrêtera. On commence ainsi par la paisible ville de Los Mochis avec le chant d’un coq, le piaillement des oiseaux, la musique sortie d’un vieux poste de radio, un chien qui aboie et les machines qui se mettent en route, le bruit lourd d’une locomotive. On est souvent perdu en plein désert, bercé par le chant d’oiseaux exotiques, d’insectes qui semblent tourner autour d’une charogne, le souffle du vent. On imagine les cactus autour de nous, une tempête de sable qui se lève (Sierra Tarahumara, Crucero La Joya, El Tajin ; El dia y La noche) avec pour seule trace de civilisation la sonnerie d’un passage à niveau.
A l’approche des villes, le son est plus dur, industriel, marqué par les machineries, l’ambiance d’une gare avec ses va-et-vient, les freins grinçants et les claquements métalliques que l’on associera aux portes d’un wagon de marchandise (Chihuahua).

Mais sur les 10 pistes qui composent ce disque, on en distinguera une en particulier, un peu différente, plus éloignée du documentaire. El Divisadero débute par un grand coup de klaxon qui se dilue en une douce nappe, puis c’est le claquement des rails qui forme une véritable rythmique. Nappes et drones habillent le tout et forment le titre le plus "musical" de l’album, à la manière d’une ambient concrète.

Nous qui n’étions pas convaincu par le concert de Présences Électronique, nous voici conquis par cet album à la fois documentaire et narratif. Une invitation au voyage.

Fabrice ALLARD
le 22/09/2012

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