Die schönen Tage von Aranjuez

 auteur

Peter Handke

 metteur en scène

Luc Bondy

 date

du 12/09/2012 au 15/09/2012

 salle

Théâtre de l’Odéon,
Paris

 appréciation
 tags

Peter Handke / Théâtre de l’Odéon

 liens

Théâtre de l’Odéon

 dans la même rubrique
du 21/09/2016 au 08/10/2016
Nobody
(Théâtre Monfort)
du 10/05/2016 au 04/06/2016
Je suis Fassbinder
(Théâtre de la Colline)
du 17/03/2016 au 03/04/2016
En Route – Kaddish
(Nouveau Théâtre de Montreuil)
du 16/03/2016 au 26/03/2016
L’Adversaire
(Théâtre Paris-Villette)

Pour la rentrée au Théâtre de l’Odéon, et en cette première saison dirigée par Luc Bondy, c’est précisément le metteur en scène suisse qui officie, choisissant de monter un récent texte de Peter Handke : Les derniers jours d’Aranjuez. Écrit initialement en français par l’auteur serbe, il fut ensuite traduit en allemand et c’est dans cette langue qu’il est présenté, joué par deux acteurs germanophones, à même de rendre sur le plateau ce « dialogue d’été ».

De fait, tout au long de la pièce, l’onirisme estival se trouve très présent : la végétation est souvent citée, faune et flore apparaissent, des pépiements d’oiseaux se font entendre, le soleil décline au fur et à mesure de la dramaturgie… Ce contexte permet aux deux personnages de se livrer plus aisément, entamant un échange enlevé, oscillant entre confidences et souvenirs, expériences personnelles et récit plus fantasmé. Dès le début, une interrogation se fait jour quant à l’identité des protagonistes : estivants venant de se rencontrer, (anciens) amants, personnages au seuil de la mort ou déjà au purgatoire et faisant le bilan de leur vie ou bien acteurs au soir d’une représentation ? C’est cette piste qu’explore majoritairement la mise en scène : large rideau rouge en fond de plateau, mini-vestiaire côté jardin surplombé d’un panneau lumineux « Bitte Ruhe » (« Silence SVP »), citations de Tennessee Williams dans la conversation, phrases comme « c’est ce qui était prévu » laissant imaginer que ce qu’on voit n’est que la résultante de quelque chose convenu auparavant.

Face à cette forme d’incertitude, pas nécessairement désagréable, le spectateur se prend à interpréter différemment les propos tenus selon que Dörte Lyssewski et Jens Harzer puissent incarner tels ou tels personnages. Questionné par l’homme, la femme opte pour un discours résolument féministe, se voulant porte-parole de toutes les femmes, lorsqu’elle relate ses expériences amoureuses et qu’elle évoque sa place dans la société (dans laquelle elle voudrait que la femme soit « reine »). Plus inquisiteur au début, l’homme questionne et relance sa partenaire avant d’embrayer sur ses propres souvenirs, moins intimes, liés à Aranjuez, ville espagnole vue comme un royaume disparu et regretté avec ses rites et son château. En définitive, quand elle se rêve reine, il s’imagine roi et peuvent danser de concert.

François Bousquet
le 20/09/2012

À lire également

du 16/03/2011 au 10/04/2011
Adagio [Mitterrand, (...)
(Théâtre de l’Odéon)
du 18/10/2012 au 23/12/2012
Le Retour
(Théâtre de l’Odéon)
du 14/05/2010 au 12/06/2010
La Ronde du carré
(Théâtre de l’Odéon)
du 05/01/2011 au 30/01/2011
Le Vrai Sang
(Théâtre de l’Odéon)