du 04/07/2012 au 19/11/2012
Abbaye de Maubuisson,
Saint-Ouen-L’Aumône
Comme plusieurs autres lieux de culte sécularisés et laïcisés (Les Églises à Chelles, le Carré Sainte-Anne à Montpellier ou la Chapelle Saint-Jacques à Saint-Gaudens), l’Abbaye de Maubuisson a été transformée en centre d’art contemporain. Joliment installée au milieu d’un grand parc, propriété du conseil général du Val d’Oise, l’abbaye cistercienne accueille deux expositions monographiques par an et invite évidemment les plasticiens à tenir compte du caractère particulier du lieu bâti au XIIIe siècle.
Artiste aimant précisément se pencher sur la frontière entre sculpture et installation, adepte de la prise en main des espaces, Vincent Lamouroux était tout indiqué pour intervenir ici et prendre possession de la salle des religieuses en y apportant des dizaines de kilos de sable. Réparti en hautes dunes, dépassant les deux mètres, ce sable a été sélectionné notamment en raison de sa couleur, très grisée, proche en cela des tonalités des pierres utilisées pour construire l’abbaye. Au reste, la disposition potentiellement aléatoire de ces petites montagnes pourrait même laisser penser qu’il s’agit là de résidus de l’érosion de la roche ou, à l’inverse, que ces monticules ont servi, par le passé, à édifier cette salle voûtée (un peu à la manière dont les Égyptiens montaient des tas de terre pour s’élever en haut des pyramides). Le spectateur embrassant la totalité de la salle, attrapant du regard les montées et dénivelés du sable, peut alors se souvenir de travaux précédents de Vincent Lamouroux, et notamment de la série Sols, interventions in situ dans lesquelles des plaques de bois donnaient cette même impression de traverser une zone ensablée.
Face à cette proposition, le public hésite sur la marche à suivre : emprunter le tracé labyrinthique serpentant entre les dunes ? tenter l’escalade en suivant quelques pas qui s’y sont déjà essayé ? rester en retrait et ne pas s’y aventurer ? se laisser aller à la méditation que lieu et sculptures suscitent aisément ? En toute hypothèse, pour se recroqueviller en son for intérieur ainsi sollicité, le plasticien français a disposé une coquille-maison en carton. Surdimensionnée, occupant tout l’espace de la salle du parloir, cette sculpture, elle aussi dans les mêmes teintes que le sable, parait également parfaitement adapté à l’endroit, nonobstant son caractère résolument contemporain.
le 03/10/2012