Leigh Ledare, et al.

 date

du 08/09/2012 au 02/12/2012

 salle

Wiels,
Bruxelles

 appréciation
 tags

Leigh Ledare / Wiels

 liens

Wiels

 dans la même rubrique
du 27/09/2017 au 08/01/2018
Prix Marcel Duchamp 2017
(Centre Pompidou)
du 25/10/2017 au 07/01/2018
Gus Van Sant
(Musée de l’Élysée)
du 15/09/2017 au 23/12/2017
Clément Cogitore : Braguino ou la communauté impossible
(Le Bal)
du 21/09/2017 au 17/12/2017
Pierre Paulin : Boom Boom, Run Run
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
JPEG - 31.3 ko
Mom and Catch 22
(courtesy de l’artiste, Pilar Corrias Gallery, Londres et Office Baroque, Anvers)

Dans la lignée de plusieurs autres plasticiens, vidéastes ou réalisateurs attachés à cette frange, dite white trash de la population états-unienne (on pense évidemment à Larry Clark ou Harmony Korine), Leigh Ledare voit le Wiels lui consacrer une grande rétrospective, forte d’une centaine d’éléments et répartie sur l’intégralité du deuxième étage du bâtiment bruxellois. Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné avec une photo de la mère d’un enfant de trois ans, saisie nue sur son lit et dont le cliché a été ensuite gribouillé par le bambin (Alma). Cette forte présence maternelle, cette dimension œdipienne ne quittera jamais la présentation jusqu’aux salles du fond dédiées à la série Pretend You’re Actually Alive, menée de 2000 à 2008 et dans laquelle Leigh Ledare prit sa mère en photo. Capturée dans le plus simple appareil, voire avec un partenaire sexuel, mais aussi dans des moments du quotidien, son visage porte progressivement la marque des années et le poids du temps qui passe.

Pour sa part, le photographe n’hésite pas à se mettre également en scène, comme dans la série Personal Commissions où il part de petites annonces passées par des femmes auxquelles il s’est rendu pour demander à celles-ci de le prendre en photo habillé suivant leur convenance. Dans chacune de ces suites d’épreuves, l’États-unien se complait à l’évidence à mettre mal à l’aise son public, flirtant avec l’inceste ou avec un narcissisme outrancier. Pour autant, en ressort-il quelque chose de pertinent sur le plan artistique ? Rien n’est moins certain car, comme souvent, l’accumulation et le trop-plein sont mauvais compagnons et ne produisent que des images à la limite de la gratuité et de la provocation de petit-malin.

JPEG - 34.4 ko
Double Bind (detail)
(courtesy de l’artiste)

Ce constat est d’autant plus regrettable que lorsqu’il délaisse la figure maternelle, Leigh Ledare sait se montrer intéressant Ainsi en est-il de sa série Double Bind conçue autour de son ex-épouse avec qui il a passé trois nuits dans une cabane isolée dans la forêt, avant qu’elle n’en passe trois autres avec son nouveau conjoint. Les expressions de la jeune femme se font bien évidemment différentes suivant la personne qui l’accompagne et l’examen des dissemblances et invariants démontre qu’un travail autofictionnel mais non autocentré peut être tout à fait convaincant.

François Bousquet
le 23/10/2012

À lire également

du 16/01/2010 au 25/04/2010
Félix González-Torres (...)
(Wiels)
du 15/09/2007 au 18/11/2007
Yayoi Kusama : Dots (...)
(Wiels)
du 10/09/2011 au 08/01/2012
Alina Szapocznikow : (...)
(Wiels)
du 07/09/2013 au 05/01/2014
Petrit Halilaj : Poisoned
(Wiels)