Festival du Cinéma Allemand 2012

 réalisateur

Matthias Glasner

 date

du 10/10/2012 au 16/10/2012

 salle

L’Arlequin,
Paris

 tags

L’Arlequin / Matthias Glasner

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Mini-recension du Festival du Cinéma Allemand, notre témoignage de la semaine parisienne se limitera à deux longs-métrages seulement : Formentera et La Grâce (Gnade). Deux films qui, par le pur hasard des compatibilités d’emploi du temps, recèlent quelques points communs dans leurs arguments : soit deux couples dans la première moitié de leur vie (tout juste trentenaires dans le premier, proches de la quarantaine dans l’autre) qui quittent leur grande ville d’Allemagne (Berlin et Kiel) pour passer du temps (quelques semaines d’été dans Formentera, une installation plus durable dans La Grâce) à l’étranger (l’île des Baléares ainsi nommée ou la ville la plus septentrionale de Norvège) pour tenter ainsi de prendre un nouveau départ avant de se retrouver confrontés une épreuve inattendue.

Arrivés à Formentera, Nina et Ben sont hébergés par une communauté de hippies ayant connu le jeune homme quand il était enfant. Ce séjour estival est ainsi pour lui une forme de retour aux sources dans une ambiance un peu idéalisée : absence de contraintes, éducation libre de l’enfant d’un autre couple présent sur place, potentiel mélange des couples. Pour Nina (interprétée par Sabine Timoteo, qu’on n’avait plus vue depuis la première moitié des années 2000 pendant laquelle elle enchaînait les rôles de jeune fille torturée dans les films de la « nouvelle vague allemande »), le décalage est en revanche flagrant entre sa vie citadine et celle sur l’île, faisant presque naître chez elle l’impression d’être tombée dans un traquenard. À ce titre, Formentera est montrée par Ann-Kristin Reyels aussi bien comme le lieu de toutes les possibilités, mais aussi comme une forme d’enfermement puisqu’une île n’est jamais qu’un lieu clos et circonscrit. L’été qui devait s’inscrire comme une parenthèse et une façon de « prendre du temps pour nous » va en réalité conduire le couple à une sérieuse remise en question. Dans le même temps, la confrontation entre ce jeune couple berlinois et les hippies soixante-huitards permet à la réalisatrice de s’interroger, sous le soleil espagnol, sur le devenir des utopies illusoires et leur résistance au réel.

Si Maria et Niels déménagent en Norvège, c’est parce que le second y a une opportunité professionnelle mais c’est aussi l’occasion pour le couple et leur fils adolescent de prendre un nouveau départ qui sera donc vite enrayé par un accident. Ce point de départ est l’occasion, pour Matthias Glasner de présenter à nouveau (après Le Libre Arbitre, vu ici même il y a six ans) des personnages en quête de rédemption, dans un geste empreint de ce sentiment très chrétien. Il en ressort un aspect mélodramatique un rien trop marqué (notamment dans le personnage de Maria ou dans celui de sa supérieure, à l’hôpital) avec du surlignage (les scènes de chorale) mais bénéficiant de regards extérieurs plus intéressants (les séquences filmées à l’iPhone par le fils de la famille) et d’un certain souffle d’ensemble. Sous cet aspect, Glasner trouve dans la ville norvégienne d’Hammerfest un terrain idéal pour délocaliser la famille et servir de base à son récit. Cependant, il abuse peut-être un peu des panoramiques et travellings sur les grandes étendues enneigées et les villages faiblement éclairés. De même, la saisonnalité de l’histoire se fait trop littérale : débutant pendant la nuit polaire, quand le soleil ne se lève jamais, elle se déroule ensuite tout au long de l’hiver pour se clôturer à la Midsommarfest du 21 juin ; et pendant ce temps-là, quelle trajectoire peut bien suivre le couple… ?

Date de sortie :
- La Grâce : 6 novembre 2013

François Bousquet
le 20/10/2012

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