Festival du Cinéma Allemand 2012

 réalisateur

Matthias Glasner

 date

du 10/10/2012 au 16/10/2012

 salle

L’Arlequin,
Paris

 tags

L’Arlequin / Matthias Glasner

 dans la même rubrique
du 26/05/2016 au 05/06/2016
Quinzaine des Réalisateurs 2016 - Reprise de la sélection
(Forum des Images)
du 22/01/2016 au 31/01/2016
Festival Premiers Plans d’Angers 2016 - Reprise du Palmarès
(Forum des Images)
du 28/11/2015 au 06/12/2015
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2015 - (...)
(Cinémathèque Française)
du 22/11/2014 au 30/11/2014
EntreVues - Festival International du Film de Belfort 2014 - (...)
(Luminor Hôtel de Ville)

Mini-recension du Festival du Cinéma Allemand, notre témoignage de la semaine parisienne se limitera à deux longs-métrages seulement : Formentera et La Grâce (Gnade). Deux films qui, par le pur hasard des compatibilités d’emploi du temps, recèlent quelques points communs dans leurs arguments : soit deux couples dans la première moitié de leur vie (tout juste trentenaires dans le premier, proches de la quarantaine dans l’autre) qui quittent leur grande ville d’Allemagne (Berlin et Kiel) pour passer du temps (quelques semaines d’été dans Formentera, une installation plus durable dans La Grâce) à l’étranger (l’île des Baléares ainsi nommée ou la ville la plus septentrionale de Norvège) pour tenter ainsi de prendre un nouveau départ avant de se retrouver confrontés une épreuve inattendue.

Arrivés à Formentera, Nina et Ben sont hébergés par une communauté de hippies ayant connu le jeune homme quand il était enfant. Ce séjour estival est ainsi pour lui une forme de retour aux sources dans une ambiance un peu idéalisée : absence de contraintes, éducation libre de l’enfant d’un autre couple présent sur place, potentiel mélange des couples. Pour Nina (interprétée par Sabine Timoteo, qu’on n’avait plus vue depuis la première moitié des années 2000 pendant laquelle elle enchaînait les rôles de jeune fille torturée dans les films de la « nouvelle vague allemande »), le décalage est en revanche flagrant entre sa vie citadine et celle sur l’île, faisant presque naître chez elle l’impression d’être tombée dans un traquenard. À ce titre, Formentera est montrée par Ann-Kristin Reyels aussi bien comme le lieu de toutes les possibilités, mais aussi comme une forme d’enfermement puisqu’une île n’est jamais qu’un lieu clos et circonscrit. L’été qui devait s’inscrire comme une parenthèse et une façon de « prendre du temps pour nous » va en réalité conduire le couple à une sérieuse remise en question. Dans le même temps, la confrontation entre ce jeune couple berlinois et les hippies soixante-huitards permet à la réalisatrice de s’interroger, sous le soleil espagnol, sur le devenir des utopies illusoires et leur résistance au réel.

Si Maria et Niels déménagent en Norvège, c’est parce que le second y a une opportunité professionnelle mais c’est aussi l’occasion pour le couple et leur fils adolescent de prendre un nouveau départ qui sera donc vite enrayé par un accident. Ce point de départ est l’occasion, pour Matthias Glasner de présenter à nouveau (après Le Libre Arbitre, vu ici même il y a six ans) des personnages en quête de rédemption, dans un geste empreint de ce sentiment très chrétien. Il en ressort un aspect mélodramatique un rien trop marqué (notamment dans le personnage de Maria ou dans celui de sa supérieure, à l’hôpital) avec du surlignage (les scènes de chorale) mais bénéficiant de regards extérieurs plus intéressants (les séquences filmées à l’iPhone par le fils de la famille) et d’un certain souffle d’ensemble. Sous cet aspect, Glasner trouve dans la ville norvégienne d’Hammerfest un terrain idéal pour délocaliser la famille et servir de base à son récit. Cependant, il abuse peut-être un peu des panoramiques et travellings sur les grandes étendues enneigées et les villages faiblement éclairés. De même, la saisonnalité de l’histoire se fait trop littérale : débutant pendant la nuit polaire, quand le soleil ne se lève jamais, elle se déroule ensuite tout au long de l’hiver pour se clôturer à la Midsommarfest du 21 juin ; et pendant ce temps-là, quelle trajectoire peut bien suivre le couple… ?

Date de sortie :
- La Grâce : 6 novembre 2013

François Bousquet
le 20/10/2012

À lire également

du 15/10/2003 au 21/10/2003
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 28/06/2006 au 11/07/2006
Paris Cinéma 2006 - (...)
(L’Arlequin)
du 02/10/2002 au 09/10/2002
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)
du 10/10/2007 au 16/10/2007
Festival du Cinéma Alleman
(L’Arlequin)