Bertrand Lavier, depuis 1969

 date

du 26/09/2012 au 07/01/2013

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Bertrand Lavier / Centre Pompidou

 liens

Centre Pompidou

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C’est avec le souvenir encore vivace de l’excellente monographie consacrée à Bertrand Lavier en 2002 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qu’on emprunte les escaliers mécaniques montant au sixième étage du Centre Pompidou, pour une nouvelle rétrospective du travail du Français. Comme l’indique très clairement l’intitulé, il s’agit de retracer le parcours du plasticien depuis ses débuts mais suivant un accrochage s’échappant, heureusement, de toute linéarité chronologique. De toute façon, depuis quarante-trois ans, Lavier ne suit pas vraiment une trajectoire rectiligne puisqu’il ne cesse de commencer de nouvelles séries (qu’il nomme « chantiers ») sans jamais les finir ou les refermer.

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Harcourt/Grévin n°1
(courtesy Galerie Yvon Lambert)

Aussi, Michel Gauthier a fait le choix de présenter les œuvres par grandes thématiques en les regroupant dans chaque salle, dans une disposition certes assez fluide mais un rien frustrante. En effet, alors qu’il y a dix ans, on se rappelle avoir parcouru un couloir entier d’objets soclés, un autre de photographies de statues du Musée Grévin par le studio Harcourt ou bien slalomé entre les sculptures Walt Disney Productions, on ne voit cette fois-ci qu’un ou deux exemplaires de chacun de ces chantiers. Pour qui connaît le travail de Bertrand Lavier, cela donne assurément l’occasion de faire le point sur l’étendue de sa production et pour celui qui le découvre ici, cet aperçu ne peut que donner envie d’en voir davantage. Partant, comme souvent avec les expositions en Galerie 2 (on se souvient de celle de Louise Bourgeois), on se trouve trop rapidement à la sortie d’un parcours qui demeure néanmoins extrêmement réjouissant.

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Teddy

Ironie, décalage et humour structurent en effet le travail de Lavier : détourner le ready-made pour le faire massif (Brandt sur Haffner, son célèbre réfrigérateur posé sur un coffre-fort), s’approprier des classiques de l’art contemporain (la recréation au néon d’une peinture de Frank Stella), présenter comme des objets d’arts premiers des choses du quotidien (le Teddy tout triste d’être soclé), travailler sur le décalage entre signifiant et signifié (l’œuvre Mandarine par Tollens et V33 où il juxtapose deux versions de la couleur « Mandarine » suivant le fabriquant de peinture choisi), railler la vogue de l’art africain décoratif (la série où il chrome des petites statuettes), dépasser le monochrome (en éclairant fortement la cimaise nue au centre d’un carré de rails tenant des spots lumineux) ou réaliser une belle mise en abyme (quand il projette un film montrant, en plan fixe, un tableau de Rothko). En écho à ce jeu permanent, la mise en espace de l’exposition et la scénographie de Camille Excoffon réservent une petite surprise aux spectateurs grâce à la découpe d’une cimaise.

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Vue de l’exposition

Puisque cette monographie s’avère donc un peu limitée, on conseillera vivement le recours aux différents ouvrages consacrés à Bertrand Lavier pour enrichir le propos. Cependant, rien ne remplacera l’appréhension directe des œuvres et, notamment, la confrontation directe avec les objets recouverts de ce qu’il appelle la « touche Van Gogh », épaisse couche de peinture très visible, laissant les traces de son passage sur les sujets alors augmentés : piano Steinway & Sons, appareil photo, panneaux marrons bordant les autoroutes pour signaler les sites touristiques, peinture reprenant les motifs de François Morellet. Ainsi sacralisés, voire quasiment figés dans cette gangue acrylique, ils peuvent tranquillement aspirer à l’éternité.

François Bousquet
le 30/12/2012

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