J’habite une Blessure sacrée

 auteur

Jean Ziegler

 metteur en scène

Mireille Perrier

 date

du 13/10/2012 au 31/10/2012

 salle

Maison des Métallos,
Paris

 appréciation
 tags

Jean Ziegler / Maison des Métallos

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Après Anna Politkovskaïa, non rééducable, Mireille Perrier retrouve la Maison des Métallos et confirme son goût pour un théâtre en prise avec la réalité géopolitique sans verser néanmoins dans le théâtre documentaire. Avec J’habite une blessure sacrée (phrase que l’on trouve dans un poème d’Aimé Césaire), la comédienne et metteur en scène transpose sur le plateau l’ouvrage La Haine de l’Occident de Jean Ziegler, sociologue et ancien commissaire à l’alimentation à l’ONU. Travaillée par les relations Nord-Sud et les mécanismes de développement des pays les plus en difficulté, la pièce procède par fragments, s’arrêtant sur quelques exemples et moments historiques.

De toute évidence, le propos général fait montre d’une indéniable sincérité et d’un caractère quasi-inattaquable : qui, en effet, peut se revendiquer aujourd’hui en faveur du racisme, de l’apartheid et de la domination post-coloniale ? Pour autant, le montage parvient à ne pas sombrer dans la bienpensance tiers-mondiste, étant porté avec suffisamment de vigueur et étayé par suffisamment de chiffres et faits. Cependant, la construction morcelée trouve ses limites quand elle passe, par exemple, de passages légers, voire insignifiants (une anecdote sur une marchande de « biscuits durs » en Haïti), à des moments plus denses et pour lesquels on serait preneur de davantage de recul. De même, on pourra regretter le caractère diachronique de l’ensemble (la pièce passe de 1994 à 2007, puis 2001 et enfin 2006) ainsi que quelques raccourcis légèrement hasardeux, tel le lien établi entre l’échec final de la conférence de Durban le 8 septembre 2001 et les attentats du 11-septembre.

Sur le plan purement politique, des extraits (trop ?) attendus (l’inévitable discours de Dakar de Nicolas Sarkozy : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ») côtoient des épisodes moins rebattus (le scandale de l’exploitation du pétrole au Niger) et des engagements clairs de l’auteur et de son adaptatrice. Avec ses trois compagnons de plateau, cette dernière interprète nombre de personnages, figures connues et anonymes, comme autant d’aspirations à l’universalité du propos. Au début et à la fin du spectacle, deux figures tutélaires se trouvent glorifiées : Nelson Mandela et Evo Morales (premier Président bolivien d’origine amérindienne), célébrés comme il se doit mais avec toutes les simplifications laudatrices et passages sous silence que cela implique. Éternel écueil du théâtre engagé…

Autres dates :
- 1er février 2013 : Fontenay-en-Scènes - Fontenay-sous-Bois
- 7 février 2013 : Maison du Théâtre - Amiens
- 21 février 2013 : Espal - Le Mans

François Bousquet
le 30/10/2012

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