Thomas Ankersmit / Kevin Drumm

 date du concert

24/10/2012

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Instants Chavirés / Kevin Drumm / Thomas Ankersmit

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Instants Chavirés
Thomas Ankersmit

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Cela fait quelques semaines que l’on avait noté cette date dans notre agenda ne serait-ce que pour revoir Thomas Ankersmit qui nous avait déjà enchanté au 104 lors du festival Présences Électronique (édition 2009) et aux Instants Chavirés en mai 2011 (chroniques sur ces pages). Kevin Drumm nous apparaissait comme une deuxième tête d’affiche, dont on ne savait qu’attendre, entre bruit, silence et micro sonorités.

Beaucoup de monde s’attendait à voir un duo ce soir, peut-être en raison de la façon dont la soirée était présentée sur le site de la salle. Par contre aucun doute n’était permis à la lecture de la newsletter de Thomas Ankersmit qui annonçait bien deux sets solo.
Pas grand monde dans la salle lors de notre arrivée, mais le public répondra finalement bien présent pour ce qui était tout de même une grosse affiche pour ce type de musique, avec deux artistes renommés.

Vers 21h, Thomas Ankersmit commence à s’installer. On se rapproche de la scène, on retrouve son fidèle synthétiseur modulaire, laptop et console de mixage mais pas de saxophone en vue...
Le Néerlandais débute son concert à base de drones et crissements, une introduction étonnamment abstraite qui évolue lentement vers une certaine tension. Un procédé qu’il répètera à de multiples reprises, à partir de grésillements et craquements évoquant une nuée d’insectes mêlés à des drones ou nappes, plus tard à partir de piaillements proches de cris d’oiseaux et oscillations de sifflements électroniques. À chaque fois Thomas Ankersmit part d’éléments abstraits qu’il agence et qu’il fait monter en puissance avant de lâcher la tension et rester quelques temps sur une épure inattendue, parfois un quasi silence.
Petit à petit le son se fait plus puissant, plus franc, l’artiste ondule sur sa chaise au gré des oscillations de sa musique et le concert se terminera par un drone envahissant, mais que l’on aurait bien aimé voir durer un peu plus longtemps. Un final au sein duquel on retrouvera le son que l’on aime chez Ankersmit, mais on regrettera un concert trop haché, et l’absence du saxophone qui apportait une certaine magie à ses concerts.

La pause sera relativement courte entre les deux concerts. Le temps de commander une bière, de sortir 5mn pour prendre l’air et on nous annonce le début du concert de Kevin Drumm.
La scène ressemble presque à une chambre noire, plongée dans une pénombre rouge. Kevin Drumm est assis derrière une table sur laquelle trône quelques machine. On le devine à peine, caché derrière sa barbe, sous une casquette, le visage fermé, impassible. Semblant faire preuve d’une complète indifférence, il nous fait un peu penser à Mika Vainio avec qui on l’avait vu jouer. Sa musique par contre ne peut pas laisser indifférent.
L’Américain débute par un drone énorme, texturé, bruitiste, presque mécanique. Les évolutions nous apparaissent minimes, et ne changent en rien la teneur de la musique, brute. Petit à petit de nouvelles tonalités semblent apparaitre, entre effet de larsen et crissements, bruitages aigus au sein d’un magma grave et sombre. Toutes les 10mn Kevin Drumm jette un œil sur son téléphone, vraisemblablement pour vérifier l’heure, et sur les dernières minutes la musique se fait plus riche, plus fracturée et donc moins monotone.
Un concert durant lequel on s’ennuiera pas mal, avec un artiste qui ne partage absolument rien et qui donne lui même l’impression de s’ennuyer... Il acceptera tout de même de nous offrir un micro rappel, pour le coup extrêmement varié, cassant, fracturé, qui restera pour nous le meilleur moment de cette prestation.

Fabrice ALLARD
le 26/10/2012

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