Lau Nau / Tomoko Sauvage / Antti Tolvi

 date du concert

27/10/2012

 salle

Institut Finlandais,
Paris

 tags

Institut Finlandais / Lau Nau / Tomoko Sauvage

 liens

Tomoko Sauvage
Lau Nau
Institut Finlandais

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En juin dernier, l’Institut Finlandais organisait à Petit Bain une soirée consacrée à des artistes finlandais plus ou moins proches de la scène alternative et du label Fonal. Quelques mois plus tard, c’est ce même Institut Finlandais qui en accueille deux nouveaux (Lau Nau, qui précisément sort en ce moment un nouveau long-format sur Fonal, et Antti Tolvi) et y associe Tomoko Sauvage, Japonaise vivant à Paris et déjà chroniquée sur ces pages. Plus institutionnel que la soirée à Petit Bain, le plateau se déroulait donc dans ce lieu-relais de la culture finlandaise, situé en plein Quartier Latin, et présentant occasionnellement des concerts dans l’habituelle salle d’exposition, cadre feutré (parquet aux lamelles droites de bois clair, design épuré) idéal pour recevoir la petite centaine de personnes présente en ce samedi soir.

Pour débuter, Antti Tolvi, plutôt connu comme saxophoniste, s’assit derrière un piano à queue et annonça une pièce unique dont le programme trimestriel de l’Institut nous précise qu’elle a été composée depuis que le musicien s’est retiré de la vie urbaine. Sa main gauche se fit ainsi plutôt répétitive, opérant principalement en arpèges (deux notes à l’octave et la quinte), chargés de mettre en place une forme de roulement omniprésent, tandis que sa main droite livrait une partition plus mélodique pour un résultat d’ensemble dont on vint à se demander qu’elle était sa part d’improvisation et sa part d’écriture préalable réelle.

Le temps d’écarter le piano et Tomoko Sauvage s’installa en fond de scène, contre le haut mur du lieu, assise à même le sol, devant ses six bols de porcelaine, dans lesquels étaient plongés des capteurs sonores, et sous quelques gobelets en plastique remplis d’eau et accrochés à des pieds de micro. Dispositif semblable à son concert aux Instants Chavirés, donc, mais agencement du concert un peu différent puisqu’au lieu de miser majoritairement sur le goutte-à-goutte s’échappant des gobelets et faisant résonner les bols, la jeune Japonaise opta pour un recours à un autre gobelet, rempli à la main et versé de bol en bol, générant des mouvements plus francs et moins métronomiques. Si ce procédé put paraître à certains moins fin et délicat que sa prestation de juin 2010, il n’en était pas moins touchant et raffiné, sachant parfaitement jouer des vibrations ondulatoires créées dans l’eau, du larsen pouvant résulter de l’approche de sa main des capteurs, ou des crépitations produites par l’adjonction d’eau gazeuse dans un des bols. Au reste, un bébé ne s’y trompa pas, gazouillant de contentement à l’écoute de ces tintements éthérés.

Tête d’affiche de la soirée, Lau Nau est peut-être l’une des artistes Fonal qu’on connait le moins puisqu’on ne savait guère, avant cette prestation et nonobstant la relation sur ces pages d’un de ses concerts belges, s’il fallait la ranger aux côtés des artisans free-folk ou dans une veine plus électronique-expérimentale. Ni véritablement l’un, ni l’autre, en réalité, puisqu’il s’agit d’une suite de chansons interprétées à la guitare électrique et agrémentées d’objets divers (clochettes, appeaux, Glockenspiel, petite percussion) ou rythmiques faites à la bouche, tous samplés en direct et mis en boucle. Pour l’aider, Laura Naukkarinen fut rejointe par Antti Tolvi qui passait, suivant le morceau, du saxophone soprano à la flûte à bec ou à la basse ; utilisée dans un jeu parfois très enlevé et rapide, à la limite du slapping, cette dernière apportait de la densité à un ensemble pouvant par moments paraître un peu trop mignon. Impression que pouvaient également renforcer les vidéos projetées derrière les deux Finlandais, prises de vue de chiens courant dans de grandes étendues campagnardes ou d’homme-orchestre se promenant gaiement. Solarisé, ce petit film tournant en boucle se raccordait alors parfaitement aux chansons de Lau Nau (alternativement en anglais ou finnois) qui, apparemment et au vu des mimes que la jeune femme faisait en même temps, traitent régulièrement de réalisme magique ou de merveilleux, structures idoines d’un concert sincère et plutôt gracieux.

François Bousquet
le 29/10/2012

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