Dark Spring

 auteur

Unica Zürn

 metteur en scène

Bruno Geslin

 date

du 07/11/2012 au 24/11/2012

 salle

Théâtre Paris-Villette,
Paris

 appréciation
 tags

Théâtre Paris-Villette / Unica Zürn

 liens

Théâtre Paris-Villette

 dans la même rubrique
du 10/05/2016 au 04/06/2016
Je suis Fassbinder
(Théâtre de la Colline)
du 17/03/2016 au 03/04/2016
En Route – Kaddish
(Nouveau Théâtre de Montreuil)
du 16/03/2016 au 26/03/2016
L’Adversaire
(Théâtre Paris-Villette)
du 03/03/2016 au 02/04/2016
Les Gens d’Oz
(Théâtre de la Colline)

En juin dernier, alors que la crise couvait déjà entre la Mairie de Paris et le Théâtre Paris-Villette, on écrivait que « se rendre au Théâtre Paris-Villette relève presque du militantisme ». À présent que le conflit est encore plus palpable, que la structure a reçu le concours d’autres établissements publics pour payer ses intermittents et que les tribunes de soutien et prises de position se multiplient dans la presse, la grande majorité des spectateurs présents dans la salle (pleine) du Théâtre est clairement là pour défendre le lieu. Celui-ci propose, en ce mois de novembre, une reprise d’un spectacle créé la saison passée, adaptation dramaturgique du livre Sombre Printemps d’Unica Zürn, récit d’apprentissage d’une jeune berlinoise de douze ans.

Transposé sur scène par Bruno Geslin, Dark Spring se présente comme un monologue dit par Claude Degliame et accompagné par le groupe Coming Soon, installé en fond de plateau, au milieu des arcades en pierre bordurant la cage de scène. Le récit de Justine s’avance comme une alternance, finalement assez raccord avec l’âge considéré, de moments légers et empreints d’une certaine naïveté (premier amoureux, regards en coin avec un garçon plus âgé à la piscine) et de passages plus sombres (rêves orgiaques et sadiens, pensées suicidaires). L’ensemble compose alors une narration à la troisième personne assez classique de ce genre bien particulier.

Pour le traduire sur le plateau, la voix de la comédienne intrigue avant de déranger quelque peu : grave et apprêtée (proche de celle, par exemple, de Brigitte Fontaine), elle crée un décalage, voire rend difficile l’écoute quand elle se fait presque détimbrée. Écoute d’autant moins aisée qu’elle est parfois couverte par la musique de Coming Soon (batterie, guitare, basse, synthés, chant), que des vidéos apparaissent par instants sur le mur du fond et que certains membres du groupe illustrent le récit dit par Claude Degliame en mimant telle ou telle action racontée. Au total, on se retrouve ainsi face à quatre sources d’information différentes et simultanées, soit trop de canaux pour véritablement apprécier le texte. À l’inverse, quand la voix de la comédienne est simplement soulignée d’un instrumental de Coming Soon, le schéma se fait nettement plus pertinent, adapté et à même d’être reçu par un public également débarrassé des filtres que peuvent constituer d’autres artifices comme le voilage blanc en front de scène.

François Bousquet
le 09/11/2012

À lire également

du 23/02/2009 au 14/03/2009
Les névroses sexuelles de
(Théâtre Paris-Villette)
du 16/03/2016 au 26/03/2016
L’Adversaire
(Théâtre Paris-Villette)
du 04/06/2012 au 16/06/2012
Démangeaisons de l’oracle
(Théâtre Paris-Villette)