Roman Ondák

 date

du 28/09/2012 au 16/12/2012

 salle

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris,
Paris

 appréciation
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Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Roman Ondák

 liens

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Vue de l’exposition

Comme une forme de mini-rétrospective, l’exposition personnelle de Roman Ondák au Musée d’art moderne de la Ville de Paris permet de retrouver plusieurs pièces connues du Slovaque, et notamment son travail sur l’attente. Ainsi des coupures de presse et catalogues ouverts retracent-ils l’expérience des files d’attente, installations créées de toutes pièces par l’artiste à même la rue, devant une boutique ou une administration, sans autre but que d’aligner en file des gens qui, en vérité, n’attendent rien. En écho à ces propositions, une attente est également suscitée chez le spectateur en qui naît une forme de curiosité face à des objets ou installations desquels on a envie de se rapprocher afin d’en déceler le mystère. Two keyholes facing each other, Captured Void, Outlined Stream : respectivement deux trous de serrure montés en paire, un trou dans un panier d’osier et un collier de perle s’échappant de morceaux de tuyaux constituent, en effet, des formes à double sens et à double fond. De même, l’installation Deadline postponed until tomorrow (pièce vide à l’accès barré d’une chaîne sur laquelle est accroché un écriteau contenant la phrase considérée) intrigue hautement.

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Vue de l’exposition

Comme plusieurs de ses contemporains, il s’agit donc d’opérer par décalage du quotidien en posant, par exemple, des poignées de fenêtre à même le mur, sans châssis ni vitre, en faisant sortir un tiroir d’un autre mur ou en transformant une porte en chaise pliante. Point alors une forme d’ironie, certes assez traditionnelle, mais ici utilisée très délicatement et avec pertinence, allant jusqu’à infuser le rapport d’Ondák à l’espace d’exposition même, avec ses groom, crochets et tiges métalliques chargés de joindre deux pans de mur orthogonaux. Enfin, le rapport au spectateur, déjà prégnant dans ces œuvres, prend une dimension complètement participative avec la frise murale occupant toute la grande courbe de l’étage du Musée. Les gardiens sont munis d’un feutre et tracent au mur un trait représentant la taille de chaque spectateur, avec son prénom et la date de sa visite à côté, dans un grand geste performatif communautaire.

François Bousquet
le 28/11/2012

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