Adel Abdessemed : Je suis innocent

 date

du 03/10/2012 au 07/01/2013

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Adel Abdessemed / Centre Pompidou

 liens

Centre Pompidou

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Installé en majesté (sur la piazza du Centre Pompidou avec sa sculpture de Zidane donnant son fameux coup de tête à Materazzi, dans le forum du Centre avec son entremêlement de carlingues d’avions en tissu, et dans la Galerie Sud), Adel Abdessemed ne fait pas dans la demi-mesure. Et, précisément, c’est cette impression d’ampleur un peu grandiloquente qui nous a saisis pendant la visite de cette exposition, forme de rétrospective du travail du plasticien, quand bien même elle passe d’œuvres d’un format plutôt réduit à des pièces nettement plus imposantes.

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Wall Drawing
(courtesy Centre Pompidou)

La dimension très largement mystique, voire parfois quasi-sulpicienne, de la production d’Abdessemed nous a également frappés. La vidéo God is Design, avec ses cercles tournoyant, les quatre crucifix géants en fer barbelé, accrochés côte à côte (Décor), la performance vidéo Also Sprach Allah en sont d’évidents témoignages. Mais, baigné dans cette atmosphère, on peut aussi rattacher à cette thématique spirituelle les cerceaux métalliques de Wall Drawing, ornant tout le mur est de la Galerie et s’apparentant à des mandalas, la sanctification de Zidane avec cette statue géante, la petite truie tétant une jeune femme, symboliquement mère nourricière universelle. Dans un tel contexte, l’évocation du Paradis (Hope, barque censée secourir des réfugiés) et de l’Enfer (avec une peinture de Monsù Désiderio et la grande intervention d’animaux calcinés, comme s’ils avaient atteints les cercles infernaux, qui lui fait face) n’étonnera pas.

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Practice ZERO TOLERANCE
(courtesy Centre Pompidou)

Comme plusieurs artistes l’ayant précédé dans la Galerie Sud du Centre Pompidou, Abdessemed utilise les grandes baies vitrées pour faire un lien entre la rue et l’espace d’exposition. Ainsi est fait le choix de placer un ensemble de cimaises, confectionnant des petites cellules dans la partie gauche de la Galerie, et de laisser la partie droite sans cloison aucune, de telle sorte que les voitures calcinées de Practice ZERO TOLERANCE, réalisées après les émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005, pourraient effectivement être le résultat de nuits de violences citadines.

La présence de ces véhicules brûlés permet alors de faire le lien avec la grande thématique qui traverse la monographie et de concevoir feu et flammes dans une lecture para-religieuse qui infuse même l’affiche de l’exposition (Abdessemed lui-même, entouré de flammes insérées numériquement, tel un martyr ignifugé). Si cette double veine produit quelques résultats saisissants, l’ensemble souffre néanmoins, à l’image de cette affiche, justement, d’un caractère performatif et démonstratif un rien ostentatoire ; comme si, non content de travailler des obsessions, le plasticien tenait à tout prix à nous en surligner la portée.

François Bousquet
le 05/01/2013

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