Une fois n’est pas coutume, le plateau proposé par l’Espace B en ce mercredi soir n’était pas des plus cohérents. En effet, avant de retrouver la musique de chambre de The Rustle Of The Stars, deux artisans folk étaient conviés : l’Australien Darren Hanlon et la Portlandaise Shelley Short. Dans chacun des deux sets, ce fut une suite de chansons traitant apparemment du quotidien, accompagnés d’une guitare sèche et, parfois, de l’autre musicien aux chœurs ou à la seconde guitare. Globalement inoffensives, ces deux prestations permirent néanmoins de passer agréablement le début de soirée.

Peu après 22h15, The Rustle Of The Stars prirent place sur une scène déjà foulée six mois auparavant. Si le duo de base était toujours bien présent (Frédéric D. Oberland et Richard Knox), une nouvelle fois accompagné par Lidwine, l’altiste avait changé (Angela Chan à la place d’Elaine Reynolds) et une violoncelliste (Florence VJ Fawcett) avait rejoint l’ensemble. Musicalement, l’impression fut peut-être moins forte que la première fois mais il s’agit toutefois de saluer la capacité du groupe à donner le sentiment d’improviser alors qu’on imagine la chose beaucoup plus écrite qu’il n’y paraît. De fait, le mélange des nappes générées par les guitares des deux hommes (grattées, jouées à l’e-bow ou pincées), par l’harmonium (parfois difficile à percevoir), par le Glockenspiel ou par les cordes créait une musique enveloppante dont la durée semblait aléatoire.

Pour autant, le concert suivait sa propre logique, marquée par une construction impeccable avec certains morceaux enchaînés, quelques pauses entre d’autres et l’introduction progressive des vocalises jusqu’au titre final où les deux guitares masculines se trouvaient confrontées aux trois voix féminines. Plus généralement, The Rustle Of The Stars parut affectionner l’opposition entre trémolo de guitare, travail à l’e-bow, accords d’harmonium ou frottement d’un bol en étain, d’une part, et jeu en notes détachées, voire cristallines, de la harpe et interventions plus claires d’une autre guitare, d’autre part. Par conséquent, nonobstant le caractère un peu ramassé du set (une quarantaine de minutes), on ressortit une nouvelle fois séduit de la prestation des franco-britanniques.

François Bousquet
le 22/11/2012

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