d’incise / Phonotopy / Digital Wolves

 date du concert

07/11/2012

 salle

KOBE,
Ivry-sur-Seine

 tags

d’incise / KOBE / Trashvortex / Yann Leguay

 liens

d’incise
Yann Leguay
Trashvortex

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Cela fait un petit moment que l’on n’avait pas remis les pieds dans la petite salle d’Ivry sur Seine. Nous avions ce soir deux très bonnes raisons de faire le déplacement avec d’une part d’incise que nous n’avions jamais vu en concert, et d’autre part Phonotopy que l’on avait adoré il y a quelques temps aux Instants Chavirés alors qu’il jouait sous son propre nom, à savoir Yann Leguay.

En première partie, nous découvrions le duo Digital Wolves mené par Mathieu Garrouste et Lauren Rodz (ou Laurent Rodriguez). Le premier est basé sur Paris et membre de Trashvortex, le second est sur Montpellier. Ils étaient exceptionnellement accompagnés par un japonais qui leur volera un peu la vedette.
Les deux hommes produisent une musique improvisée faite de bruitages électroniques, objets métalliques et baguettes de bois sur laquelle le japonais vient poser de temps à autre les bruitages et mélodies de jouets sonores. Une improvisation que l’on qualifiera de pointilliste, chacun faisant ses micro bruitages dans son coin jusqu’à ce que le japonais commence son show. Changeant régulièrement d’accoutrement, avec une certaine préférence pour les masques, chapeaux et cagoules le transformant tour à tour en samouraï et catcheur. Il investit le centre de la salle et fend l’air d’une épée lumineuse dont les mouvements produisent de nouvelles sonorités.
Finalement, entre les expérimentations abstraites des deux français, le japonais apportait ce soir une touche de légèreté, voire de spectacle plutôt bienvenue.

C’est ensuite au tour de d’incise dont on ne savait pas trop à quoi s’attendre étant donné sa large palette sonore. Ce touche à tout peut produire aussi bien une musique très électronique, ambient expérimentale, que des improvisations électroacoustiques.
Ce qui était étonnant ce soir, c’est que les sources sonores étaient avant tout acoustiques (bols et autres objets métalliques notamment manipulés via un archet) avec parfois de subtiles apparitions électroniques, des samples de bruitages acoustiques pour être précis. Un set d’une ambient minimale, particulièrement zen, ondulations sonores d’une parfaite limpidité, une invitation à l’apaisement. Une excellent concert qui se déroulera dans un silence religieux, mais dont on reprochera toutefois un léger manque de renouvellement.

On découvrait ensuite Phonotopy, le nom sous lequel se produit désormais Yann Leguay. Nous l’avions vu pour la première fois en juillet 2010 alors qu’il torturait des disques vinyles à coup de cutter dans une prestation qui restait très proche du travail de platiniste.
Cette fois Yann Leguay est passé à un autre genre de disques puisque la matière sonore provenait ici de disques durs. Avec l’augmentation incessante de nos besoins de stockage, cela fait quelques temps déjà qu’au lieu de jeter leur périphériques, quelques geeks transforment leur lecteur de disquette ou leur disque dur en instrument de musique. Pour les curieux, voici Floppy Mario et Imperial Hard Drive...
S’il en reprend le principe, Phonotopy produit bien sûr une musique très différente. Une masse sonore qui ne nous lâchera pas, avec pour commencer le ronronnement des moteurs qui monte progressivement, puis c’est une rythmique lourde et minimale qui fait son apparition, pour finir dans un style quasi bruitiste avec le bras de platines vinyles posé sur les disques durs !!...
Très différent de son travail sur vinyles, mais encore une fois une expérience singulière !

Fabrice ALLARD
le 02/12/2012

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