Marcel Dinahet / Régis Pinault

 date

du 26/10/2012 au 13/01/2013

 salle

CRAC Languedoc-Roussillon,
Sète

 appréciation
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CRAC Languedoc-Roussillon / Marcel Dinahet / Régis Pinault

 liens

CRAC Languedoc-Roussillon

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Situé sur un des quais de Sète, entre canal et mer, le Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon constitue, depuis l’inauguration de son nouveau bâtiment, en 1997, un espace particulièrement intéressant dans lequel nous avions déjà eu l’occasion de nous rendre lors de La Dégelée Rabelais (cette exposition thématique tenue à l’été 2008 dans plusieurs lieux languedociens). Pour cette session automnale, le centre d’art propose trois expositions personnelles dont une, qu’on ne fera que citer, semble trouver sa principale légitimité dans sa défense d’un artiste local : Olivier Bartoletti.

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Vue de l’exposition de Marcel Dinahet

Laissant donc cette présentation située à l’étage du CRAC, on se concentre sur les deux monographies livrées aux spectateurs au rez-de-chaussée. Attentif à l’environnement héraultais, Marcel Dinahet offre un ensemble de photos et vidéos regroupées sous l’intitulé Regarder la Mer, titre antiphrastique en vérité puisque, dans la grande majorité des cas, il s’agit d’être « dans » la mer et de regarder le littoral. Peut-être faut-il alors prendre l’intitulé à l’envers, comme s’il renvoyait aux habitations qui, elles, « regardent » la mer ? Quoiqu’il en soit, le Français appréhende, avec ses grands formats, l’élément marin sous ses différentes acceptions : balnéaire et ludique (quand il saisit les bords de la Méditerranée), constitutif d’une frontière avec toute la dangerosité que peut constituer sa traversée ou bien écosystème en tant que tel (à l’occasion d’une plongée aux larges des côtes bretonnes, montrant algues et poissons).

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Marcel Dinahet - photogrammes de Famagusta Varosha (1)-(2)
(courtesy Galerie Les Filles du Calvaire)

L’accrochage voulu par la commissaire et directrice du CRAC, Noëlle Tissier, se fait particulièrement pertinent pour toutes les vidéos proposées : projetées en hauteur, elles donnent en effet au public l’impression d’être immergé dans l’eau, situé en-dessous de la ligne de flottaison, balayé au rythme des vagues et observant le littoral en contre-plongée. On peut aussi en voir certaines du balcon du premier étage et être alors exactement au niveau de la surface aquatique, manière d’appréhender différemment ces films qui observent les rivages chypriotes ou ceux de Beyrouth, théâtres de conflits présents ou passés. En revanche, pour les photos du bord de mer languedocien (entre villas et immeubles récents de La Grande Motte), on perçoit mal l’intérêt de positionner les photos de telle sorte que leurs bords bas se trouvent à deux mètres du sol. Néanmoins, la taille de chacun des tirages, associée aux larges dimensions de l’espace d’exposition, facilite l’immersion dans le travail de Marcel Dinahet.

Enchevêtrée dans une présentation alternée (les salles sont réparties entre les deux artistes, mais de manière non continue), l’exposition de Régis Pinault nous permet de découvrir ce plasticien d’origine lyonnaise. Assez classiquement, le créateur travaille sur le détournement d’objets que l’on peut croiser au quotidien, changeant leur destination ou les augmentant d’éléments extérieurs. Ainsi ajoute-t-il une boule en verre à un maillet de croquet pour tenter de matérialiser l’impact avec la boule de ce jeu de plein air, des morceaux de résine sur un tube néon ou bien une sérigraphie (yeux et texte) sur un caisson lumineux façon enseigne commerciale.

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Vue de l’exposition de Régis Pinault

Naît alors un attachement à la perception et à la manière dont le public appréhende les différents signaux qu’il peut recevoir. Vision de Nuit combine, par exemple, filtre en verre et petite maquette pour troubler notre vision de la scène reproduite, Panneau prolonge le squelette d’un élément de mobilier urbain par le contour de son reflet représenté en acier et Promenade dispose des potelets qui sont en fait des tubes en carton. Avec ce travail, Régis Pinault sait également offrir quelques moments poétiques (Panneau et Effet contrôlé), voire s’intéresser à un processus quasi-scientifique avec Le Syndrome de Stendhal, duo peinture-poufs dans lequel la taille et la couleur des seconds est fonction du pourcentage du pigment utilisé pour la première.

François Bousquet
le 11/01/2013

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