Jessica Bailiff

At the Down-Turned Jagged Rim of the Sky

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

01/10/2012

 genre

Rock

 style

Slowcore / Space Rock

 appréciation

 tags

Jessica Bailiff / Kranky / Slowcore / Space Rock

 liens

Jessica Bailiff
Kranky

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Étonnamment, ces pages avaient jusqu’à présent relaté des concerts solo de Jessica Bailiff, l’album de Clear Horizon (ce duo qu’elle forme avec Dave Pearce), voire le concert de Boduf Songs où elle officiait dans le backing band, mais jamais de disque solo de la jeune femme. À l’occasion de la publication de son cinquième album, il est donc temps de combler ce vide et de se pencher sur ce long-format pour lequel la musicienne de l’Ohio se montre à nouveau fidèle à Kranky, maison qui l’héberge depuis une quinzaine d’années.

Et précisément, cet At the Down-Turned Jagged Rim of the Sky sonne comme un retour au style musical prisé par Jessica Bailiff dans ses premières années : à la place du folk un peu hanté et à guitare acoustique qu’elle avait développé dans ses récentes parutions, c’est une musique qu’on pourrait qualifier de space-slowcore qu’elle livre ici. Sa voix est ainsi nimbée de réverbération, des boîtes à rythmes et batterie sont convoquées sur la quasi-totalité des morceaux, la basse est distordue et la guitare est dotée d’une saturation certaine. Face à une telle instrumentation et de tels effets, on ne sera guère surpris d’apprendre qu’Odd Nosdam, ce membre du collectif Anticon et pour lequel Jessica Bailiff a réalisé quelques parties vocales, a aidé à la réalisation de cet album ; la dimension sombre et un peu noisy des sonorités étant une des caractéristiques de ce musicien.

Sur la longueur d’At the Down-Turned Jagged Rim of the Sky, on peut néanmoins trouver un rien systématique la distance que prend la voix de l’États-unienne (qui disparait même à quelques endroits, derrière les instruments), avec cet invariable ajout d’écho et la présence récurrente de chœurs soulignant encore sa dimension fantomatique. Par conséquent, on obtient un ensemble pouvant donner l’impression de se complaire dans une noirceur romantico-spectrale, à l’image de la pochette ou de l’intitulé de l’album. Ceci dit, il est indéniable que le dialogue entre la voix parfois diaphane de Jessica Bailiff et les instruments opaques et tendus provoque des morceaux tout à fait saisissants (Goodnight).

François Bousquet
le 29/11/2012

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