Toshimaru Nakamura | John Butcher

Dusted Machinery

(Monotype Records / Metamkine)

 date de sortie

12/12/2011

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Improvisation

 appréciation

 écouter

4 extraits (MP3)

 tags

Expérimental / Improvisation / John Butcher / Monotype Records / Toshimaru Nakamura

 liens

Toshimaru Nakamura
Monotype Records
John Butcher

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Pour la forme, une rapide présentation de deux stars, chacun dans leur genre. Toshimaru Nakamura, improvisateur de la scène électronique, est notamment connu pour jouer avec des tables de mixage sans entrées. On se souvient notamment de ses collaborations avec Sachiko M, mais il a travaillé avec les plus grands (eRikm, Keith Rowe, Otomo Yoshihide), aussi bien du côté de l’électronique que de la scène free jazz (Axel Dorner, Lucio Capece). C’est en 2002 qu’il rencontre John Butcher pour un concert commun à Tokyo qui fera l’objet d’un disque, Cavern With Nightlife, en 2004.
En 2009, c’est David Sylvian qui invite les deux artistes à Londres pour l’enregistrement de l’album Died In The Wool | Manafon Variations. Ils en profite pour enregistrer ce nouvel album.

Le disque se compose de quatre pièces de 10-12 minutes, finalement assez conformes à ce que l’on peut attendre de ce type de collaboration. L’improvisation est de mise, mêlant une électronique discrète, fine voire précieuse de la part du Japonais, et le saxophone de John Butcher, toujours utilisé de façon atypique, entre souffles atones et tempête crissante.
Commençons par Leaven, le titre d’ouverture dont les premières secondes frôlent le silence : légers grésillements, craquements de vinyles, puis on devine le jeu de John Butcher, borborygmes atones sortis de son saxophone. Les deux hommes se donnent le change de façon très respectueuse, puis assez régulièrement ils jouent ensemble des sonorités proches (sifflements électroniques aigus, plaintes hautes perchées de cuivre), jusqu’à ce que quelques déflagrations de basses électroniques signalent un changement de tempo. Les sons se font plus francs, les deux hommes s’expriment d’une seule voix qui ne cesse de monter vers un final quasi bruitiste.

Sans grande surprise, la suite de l’album reprend plus ou moins le même principe. L’univers des deux hommes étant installé, ils rentrent plus rapidement dans le jeu sur Maku. On appréciera alors l’aspect quasi ludique que peut susciter ce type de musique, par exemple quand John Butcher donne l’impression d’imiter avec son saxophone les sonorités électroniques de Toshimaru Nakamura tandis que le jeu s’inverse en fin de morceau sur ce même Maku.
La construction des quatre pièce est assez similaire avec un style d’abord assez posé, abstrait et expérimental, avant de partir dans une montée plus ou moins nerveuse. L’album se conclut sur Nobasu qui se distingue par un style minimal assez inattendu et des musiciens clairement plus en phase, concluant l’album avec 3-4 minutes de drones et tonalités limpides.

Un album assez conforme à nos attentes mais plutôt réussi dans la mesure où il vit assez bien sans le visuel d’une prestation live.

Fabrice ALLARD
le 28/12/2012

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