Preparatio Mortis

 chorégraphe

Jan Fabre

 date

du 30/11/2012 au 02/12/2012

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Jan Fabre / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Créateur flamand opérant aussi bien dans le champ des arts plastiques que du spectacle vivant, Jan Fabre était accueilli au Théâtre de Gennevilliers pour y présenter quatre soli, précédemment montés mais montrés ici dans une cohérence d’ensemble bienvenue. Dernière de ces quatre chorégraphies, Preparatio Mortis permet au Belge de se confronter à la mort et à sa manière de la représenter. De fait, un cercueil est placé au centre du plateau et se trouve recouvert de fleurs quand le spectacle débute. Ce tapis coloré se met alors à se mouvoir, comme s’il respirait par en-dessous ; un bras, puis une jambe, apparaissent avant qu’Annabelle Chambon ne se dévoile plus avant, émergeant de cet amas floral. Allongée sur le cercueil transparent, elle va le parcourir dans sa longueur, faisant tomber au fur et à mesure les fleurs qui le recouvraient. Par la suite, descendant de l’ouvrage, elle évoluera en marchant sur d’autres bouquets, se saisissant de quelques tiges pour les serrer contre elle, se roulant au milieu du parterre ou mâchouillant des pétales.

Dans la seconde partie du spectacle, on retrouve la danseuse à l’intérieur du cercueil, ondoyant doucement, comme si elle se trouvait plongée dans du formol, ses mouvements entravés et engourdis dans un geste renvoyant d’autant plus à l’engoncement utérin que la jeune femme s’est alors dénudée. Traçant quelques signes et dessins sur la paroi du parallélépipède, Annabelle Chambon tente de communiquer avec le public puisqu’une prise de parole est rendue impossible, mais rien n’y fait et l’environnement finit par prendre le dessus.

Visuellement, Preparatio Mortis manifeste ainsi de grandes qualités, à l’image de ce tapis de fleurs éclairé par une lumière très basse (il faut grandement plisser les yeux si on est assis au-delà du cinquième rang), filtrée par une gélatine mordorée, qui confèrent une tonalité proche des primitifs flamands à ce tableau fait de composition florale rouge, jaune et blanche. Pendant à cet esthétisme, les convulsions du corps se secouant laissent imaginer que l’interprète se livre à une séance d’auto-exorcisme ou est l’objet d’une quelconque sorcellerie. En conséquence, l’ensemble peut sembler parfois un rien pompeux et grandiloquent (présence indiscontinue d’une musique d’orgue, immensité de la cage de scène en regard de la dimension du cercueil et du tapis floral, dispositif global ne lésinant pas sur les effets un rien emphatiques) mais ceci n’altère que modérément l’impression générale laissée par cette chorégraphie.

François Bousquet
le 11/12/2012

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