Retour à l’intime

 date

du 20/10/2012 au 13/01/2013

 salle

Maison Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Alighiero Boetti / Bertrand Lavier / Emilio Prini / Fabrice Hyber / Gino De Dominicis / Giulio Paolini / Jan Fabre / Jimmie Durham / Maison Rouge / Maurizio Cattelan / Michelangelo Pistoletto / Sol LeWitt / Sophie Calle

 liens

Maison Rouge

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Les présentations régulières (et souvent automnales) de collections privées sont l’occasion pour la Maison Rouge de s’attacher à la scène artistique d’un pays donné. En effet, en bonne logique, les collectionneurs concernés font généralement montre d’un tropisme domestique (on se souvient des artistes mexicains dans la collection des Coppel) qui se trouve ici quelque peu exacerbé chez les Setari, couple d’Italiens installés à Paris depuis une dizaine d’années. Si l’ethno-centrisme de Giuliana et Tommaso Setari peut apparaître trop prononcé (près d’un artiste sur deux est Italien dans l’exposition), il permet cependant de tracer quelques lignes de force et de prendre en considération les thématiques de prédilection du couple.

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Ettore Spalletti - Gruppo della Fonte
(courtesy G. et T. Setari)

Ainsi retrouve-t-on plusieurs références à la civilisation antique, romaine principalement, dans les œuvres de Marco Bagnoli, Gino De Dominicis, Bizhan Bassiri, Giulio Paolini, Jan Fabre et Ettore Spalletti, voire dans les petites interventions de Michelangelo Pistoletto à même le mur du patio de la Maison Rouge. Bordant l’Italie, la Mer Méditerranée irrigue également plusieurs pièces présentes dans la collection Setari, la couleur bleue se retrouvant, par exemple, dans les créations de Jan Vercruysse, Vettor Pisani ou Spalletti (notamment la magnifique grande installation Gruppo della Fonte dans laquelle il recrée, de manière minimaliste, la place du lavoir de son village). Au-delà de cette teinte chromatique, les images de quelques villes transalpines sont récurrentes : Capri chez Günther Förg, Naples chez Mimmo Jodice ou même les pigeons citadins dispersés par Maurizio Cattelan tout au long du parcours. Sur le plan esthétique, l’Italie a aussi vu naître un mouvement artistique, l’Arte Povera, présent dans l’exposition via les propositions d’Emilio Prini, Paolini, Luciano Fabro et surtout Alighero Boetti (avec un de ses tapis orné de motifs géométriques).

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Michelangelo Pistoletto - Uomo col panchetto
(courtesy G. et T. Setari)

De ce panorama, on relève que les Setari font preuve d’une fidélité certaine, s’attachant très tôt à des artistes alors pas forcément aussi renommés qu’aujourd’hui (Gerhard Richter, dont une peinture de 1980 inaugura leur collection) et ne cédant pas aux sirènes du marché (aucune acquisition des stars de l’art contemporain que sont Jeff Koons, Peter Doig ou Damian Hirst). À l’inverse, ils préfèrent choisir des œuvres pouvant s’inscrire dans leur intérieur, à l’image d’un tableau miroir de Pistoletto, d’une installation-couloir de Pisani ou d’un petit canapé juché sur un haut socle de Paola Pivi.

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Sol Lewitt - Asymmetrical Pyramid
(courtesy G. et T. Setari)

Pour autant, toutes les œuvres achetées par les Setari ne tournent pas qu’autour d’eux et de leur pays puisqu’on peut voir un taille-haies soclé de Bertrand Lavier, une composition photographique de Sophie Calle, une peinture murale façon nuancier pyramidal de Sol LeWitt, une balançoire détournée par Fabrice Hyber ou un arc de triomphe portatif de Jimmie Durham. Bien que minoritaires, ces pièces apportent un intéressant contrepoint au reste de l’exposition et à son italianité assumée.

François Bousquet
le 10/01/2013

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