Living !

 auteur

Julian Beck et Judith Malina

 metteur en scène

Stanislas Nordey

 date

du 10/12/2012 au 21/12/2012

 salle

Théâtre des Quartiers d’Ivry,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Julian Beck et Judith Malina / Théâtre des Quartiers d’Ivry

 liens

Théâtre des Quartiers d’Ivry

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Aventure théâtrale ayant marqué les années 1960, le Living Theatre était à la fois une troupe et un mouvement, pensés dans le New-York post-hippie par Julian Beck et Judith Malina. Après quelques créations de textes préexistants (Brecht, Lorca, Ginsberg, Pirandello), les Étatsuniens se sont tournés vers une démarche plus engagée, souhaitant confronter le théâtre et le monde. Afin de faire le point sur ce qui reste aujourd’hui de cette épopée, Stanislas Nordey a réuni quelques textes des deux fondateurs pour en faire un spectacle interprété par seize jeunes comédiens, tout juste sortis de l’école du Théâtre National de Bretagne.

Sur un plateau simplement ornementé d’un podium barreaudé de tubes néons et dans lequel une ouverture a été percée, les interprètes défilent, énonçant les prises de position de Beck et Malina et traçant les contours d’un geste intellectuel particulièrement ambitieux, quoique parfois empreint d’une certaine naïveté, probablement inhérente à ce type de mouvement (« Puisse notre harangue faire tomber les prisons »). La densité du propos général, avec ses longues tirades et ses dégagements à la lisière du sujet, fait qu’il peut être difficile de rester accroché pendant l’heure et demie que dure le spectacle même si l’énergie des comédiens, incarnations contemporaines des New-Yorkais sixties, se déploie sans peine.

Néanmoins, si le collage de textes permet de mettre sur le plateau les nombreux discours sur ce que ne doit pas être le théâtre et si la disposition scénographique (avec son théâtre dans le théâtre) joue évidemment sur le méta théâtre cher au Living, on a du mal à percevoir ce qu’était véritablement ce concept. Formellement et stylistiquement, on peut éventuellement se faire une idée du positionnement idéologique de Beck et Malina, mais quid du résultat dramaturgique ? Quid de sa traduction textuelle ? Quid de sa représentation sur scène ? Autant d’éléments invisibles dans Living !. De surcroît, l’absence de contrepoint, le caractère déclamatoire des interventions, la direction d’acteurs de Nordey (avec ces mouvements de bras en direction du public et ces adresses récurrentes) alimentent l’impression de quelque chose de magistral (comme on le dit d’un cours d’université). Comme si, en définitive, tout le verbiage théorique était (largement) là mais que sa matérialisation pratique faisait cruellement défaut.

François Bousquet
le 19/12/2012

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