Faire moins, faire plus... faire mieux.

De manière assez surprenante, mais en même temps assez logique compte tenu de la situation économique actuelle, deux mouvements se font face : ceux qui préfèrent (ou sont obligés de) rogner sur leur fréquence d’intervention et ceux qui, à l’inverse, saturent l’espace de leur présence.

Dans les champs qui nous intéressent, on peut ainsi ranger dans la première catégorie les grandes institutions et les petites structures puisque toutes deux se voient contraintes de réduire leur voilure. Ainsi, le Théâtre de l’Odéon ou le Centre Pompidou diminuent le nombre de propositions par saison ou année, quitte à présenter chacune pendant une durée plus étendue et en minimiser d’autant les coûts. De même, on ne décompte plus le nombre d’associations locales, d’organisateurs de concerts, de petites salles et de micro-labels qui ont fermé boutique ou drastiquement restreint leur activité.

En face, mettant à profit au maximum les possibilités offertes par le numérique et la dématérialisation, des netlabels naissent chaque semaine ou presque, les musiciens multiplient les sorties numériques et les webzines et blogs musicaux prolifèrent. Une telle frénésie peut s’avérer vertigineuse mais cette diversité permet aussi de faire de nouvelles rencontres et des découvertes.

Pour notre part, c’est sur une double temporalité que jouent ces pages. En effet, confrontés à l’accumulation d’un certain retard dans la rédaction de nos chroniques de disques, elles sont publiées plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la sortie physique du support concerné. Parallèlement, nous nous efforçons de tenir à jour, en "temps réel", nos recensions de concerts, spectacles vivants, expositions et cinéma. Du coup, sans véritablement l’avoir choisi délibérément, nous nous déconnectons à la fois de l’actualité immédiate mais en rendons aussi compte par ailleurs. Dans l’un comme dans l’autre cas, nous espérons que le lecteur y trouve son intérêt.

François Bousquet
le 05/01/2013