Jetuilnousvousils

 chorégraphe

Guilherme Botelho

 date

du 09/01/2013 au 11/01/2013

 salle

Centre National de la Danse,
Pantin

 appréciation
 tags

Centre National de la Danse / Guilherme Botelho

 liens

Centre National de la Danse

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Éternelle préoccupation des chorégraphes, la notion de groupe se situe évidemment au centre d’une création limpidement intitulée Jetuilnousvousils. Pensé par Guilherme Botelho, Brésilien installé à Genève, le spectacle met aux prises dix danseurs coagulés, évoluant tout d’abord par mouvements synchronisés : marche à quatre pattes, roulades, roulés-boulés, marche à reculons, pas chassés, etc… Ainsi agglutinés, ne faisant qu’un dans une perspective unificatrice et fusionnelle, les interprètes arpentent le plateau en traçant des grands ovales, changeant de gestuelle sous l’impulsion de l’un d’entre eux, un peu à la manière des enfants qui jouent au « chef d’orchestre ».

Comme dans la vie, le groupe peut toutefois se désagréger quand l’un des danseurs se désolidarise, s’isolant des autres en se rendant à l’autre bout du plateau. Néanmoins, il se trouve vite repris, comme si l’instinct grégaire et la force du collectif étaient plus forts malgré tout. Sous ce jour, on pourra percevoir une veine zoomorphique dans les déplacements très groupés des participants, tels des animaux avançant en masse et de laquelle émergent par moments des bras tendus vers le plafond tels des cous ou des trompes. Déconnectés de la sorte de toute contextualisation spatialo-temporelle (seul flotte au-dessus d’eux un gros ballon éclairé de l’intérieur), les dix danseurs évoluent au rythme d’une bande-son indiscontinue, variations électronico-acoustiques d’A.p.p.a.r.t..

Inévitablement, le spectacle conduit les interprètes à un retour à l’état de nature quand, probablement trop réchauffés par l’astre de plus en plus blanc et situé de plus en plus au centre du plateau, ils se déshabillent pour le final. L’aspect tribal se trouve alors renforcé par la présence de bandes noires marquées au charbon sur leurs bras et abdomens, comme une marque d’appartenance au même groupe social. L’implacable incandescence du globe se poursuivant, les danseurs ont beau courir sur scène, leur irrésistible destin est de disparaître quand la lumière blanche devient aveuglante et que nous hésitons alors : étions-nous face au big-bang et en présence des premiers hommes ou face à une apocalypse aux côtés des derniers humains ?

Autres dates :
-  15 janvier 2013 : Théâtre Palace - Biel
-  7 février 2013 : Kaserne - Bâle

François Bousquet
le 13/01/2013

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