Muerte y Reencarnación en un Cowboy

 auteur

Rodrigo García

 metteur en scène

Rodrigo García

 date

du 11/01/2013 au 19/01/2013

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Rodrigo García / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Un an après la présentation de Gólgota Picnic, c’est dans une atmosphère nettement plus sereine que Rodrigo García donne Muerte y Reencarnación en un Cowboy au Théâtre de Gennevilliers (les mouvements catholiques intégristes étant probablement trop occupés à rédiger calicots et forger slogans contre le mariage pour tous). Créé au Festival Mettre en Scène de Rennes il y a trois ans, ce spectacle n’avait pas encore été présenté en région parisienne et c’est, pour notre part, l’occasion de retrouver l’Hispano-Argentin dans une proposition plus dépouillée que ses précédentes.

De fait, seuls deux personnages sont en scène, ce qui laisse le temps de bien apprécier ce que fait chacun, sans que l’œil ne soit en permanence sollicité par ce qui se passe ailleurs sur le plateau. Il en résulte un projet plus lisible et intelligible que par le passé, permettant d’apprécier véritablement un spectacle qui, nonobstant son intitulé trompeur, est en fait divisé en trois parties. Afin d’être fidèle à sa réputation, García débute par un déchaînement sonore et visuel dans lequel les hommes sautent et se frottent sur des guitares électriques dans un délire orgiaque : sons saturés, instruments lancés à l’autre bout du plateau, mise à nu des participants. Après une sorte d’intermède centré sur une portée de poussins et une chanson countrysante, les personnages revêtent des tenues de cow-boy pour faire notamment des essais de rodéo sur un cheval mécanique et convoquer tout le sous-texte crypto-gay qui accompagne généralement cette imagerie. Enfin, le duo termine allongé sur des transats, bières à la main, devisant doctement et paisiblement au son de l’harmonica.

Tandis que la partie purement performative de Muerte y Reencarnación en un Cowboy frôle par moments le burlesque et a le bon goût de ne pas s’éterniser, le dernier tiers, récitatif, permet à l’auteur de livrer quelques pensées sur le statut du rire ou sur le couple, laissant de côté (hormis une habituelle diatribe sur McDonald’s) sa dénonciation de la dictature des marques et de la société de consommation. Rodrigo García alterne ici réflexions assez profondes sur la condition humaine (un personnage analyse, en substance, les différentes réactions à la question « si l’on pouvait tout recommencer, que ferais-tu ? » et oppose les vaniteux qui ne changeraient rien à lui qui, par simple curiosité, changerait tout) et passages très drôles sur la vie à deux. Sont ainsi évoqués les objets qui, métaphoriquement, détruisent le couple, telle la table de restaurant analysée comme un mur mis par l’autre entre les deux partenaires. Plus encore, l’espérance de durée du couple peut, selon le dramaturge, être déterminée par la manière sont se comportent les amants au retour de voyage de l’un d’eux : font-ils l’amour une fois rentrés à la maison, dans la voiture sur le parking ou dès les toilettes de l’aéroport ? Respectivement, leur relation est sur le point de se finir, a encore deux mois ou trois ans devant elle.

François Bousquet
le 15/01/2013

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