La Réunification des Deux Corées

 auteur

Joël Pommerat

 metteur en scène

Joël Pommerat

 date

du 17/01/2013 au 03/03/2013

 salle

Ateliers Berthier,
Paris

 appréciation
 tags

Ateliers Berthier / Joël Pommerat

 liens

Ateliers Berthier

 dans la même rubrique
du 05/11/2016 au 26/11/2016
La Nuit des Taupes
(Théâtre des Amandiers)
du 15/09/2016 au 08/10/2016
Il faut beaucoup aimer les Hommes
(Théâtre Ouvert)
du 21/09/2016 au 08/10/2016
Nobody
(Théâtre Monfort)
du 10/05/2016 au 04/06/2016
Je suis Fassbinder
(Théâtre de la Colline)

Après la création, puis la reprise, triomphales de Ma Chambre Froide les deux saisons passées, Joël Pommerat, toujours associé au Théâtre de l’Odéon, retrouve le lieu pour La Réunification des Deux Corées. Alors que les Ateliers Berthier accueillaient une arène circulaire pour le précédent spectacle, ce sont cette fois-ci des gradins bifrontaux qui sont offerts aux spectateurs pour une proposition qui, formellement, reprend quelques-uns des éléments chers au dramaturge français. Ainsi, l’enchaînement des scènes se fait avec noir complet, permettant aux comédiens et objets de s’installer avant que la lumière ne revienne, des effets scéniques sont convoqués (machine à fumée, jeux de lumière, présence d’attirail motorisé lumineux) et des scies musicales rythment l’action (Laissez-moi Danser, More Than A Woman, How Deep Is Your Love).

Passés ces matériaux familiers, La Réunification des Deux Corées se veut moins ouvertement narratif que Ma Chambre Froide, optant davantage pour la succession d’une vingtaine de saynètes mettant en jeu des personnages différents à chaque fois, mais traitant très majoritairement des relations amoureuses (parfois amicales ou affectives) et plutôt lorsque celles-ci sont en bout de course. Pommerat y délivre alors une vision assez désabusée de l’amour, marquée par des répliques comme « l’amour ne suffit pas » ou « l’amour, tu n’y crois pas », lâchées par celui qui quitte l’autre, laissé pantois et surpris. La crainte que l’on peut alors ressentir de se trouver face à un objet entre roman-photo et soap-opera (assumée par l’auteur, un personnage avouant croire être dans un mauvais feuilleton télévisé) est néanmoins balayée par la présence de quelques scènes plus dures ou dérangeantes.

Sans dévoiler tous les ressorts dramaturgiques, on peut, par exemple, évoquer cette femme atteinte d’Alzheimer, les deux amis qui se déchirent pour une broutille, l’instituteur face aux parents d’un de ses élèves ou le couple qui rentre chez lui et trouve la baby-sitter mais pas ses enfants. En alternance, Joël Pommerat présente des moments de vraie comédie, cocasses et cruels à la fois, tel ce mariage où la promise apprend que son cher et tendre a flirté par le passé avec ses quatre sœurs, ou bien l’histoire du prêtre et de la prostituée. Face à cette avalanche de sentiments mêlés, le dispositif bifrontal permet de voir le reste du public et de travailler l’universalité du propos car, même si l’auteur prend un biais désillusionné, c’est quand même l’amour qui, en définitive, unit les êtres.

Autres dates :
-  du 19 au 30 mars 2013 : Théâtre National de Bruxelles
-  du 10 au 13 avril 2013 : Théâtre français du Centre national des arts du Canada - Ottawa
-  14 et 15 mai 2013 : Filature - Mulhouse
-  du 23 au 26 mai 2013 : Folkteatern - Göteborg
-  du 6 au 8 juin 2013 : Teatro Stabile di Napoli - Naples
-  15 et 16 juin 2013 : Teatrul National Radu Stanca - Sibiu
-  du 21 au 24 août 2013 : Parapluie - Aurillac

François Bousquet
le 26/02/2013

À lire également

du 02/03/2011 au 27/03/2011
Ma Chambre Froide
(Ateliers Berthier)