Calme

 auteur

Lars Norén

 metteur en scène

Lars Norén

 date

du 18/01/2013 au 23/02/2013

 salle

Théâtre des Amandiers,
Nanterre

 appréciation
 tags

Lars Norén / Théâtre des Amandiers

 liens

Théâtre des Amandiers

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La fécondité de Lars Norén (près de cent pièces écrites à ce jour, une quarantaine traduite en français) fait que toutes ses créations ne peuvent être montées au fur et à mesure. Ainsi, c’est avec près de trente ans de retard que nous parvient Calme, rédigée en 1984 par le Suédois et que Jean-Louis Martinelli monte cet hiver en son Théâtre des Amandiers. Comme souvent chez le dramaturge, il s’agit de s’attacher à un drame familial se déroulant dans un lieu unique et clos : un couple d’âge mûr et leurs deux fils se trouvent dans l’hôtel tenu, tant bien que mal, par le père et sont confrontés à la maladie de la mère dont l’issue fatale ne fait aucun doute.

Avec cette dimension plus narrative que certaines de ses autres pièces, Calme travaille moins sur le silence entre les phrases, bien que le spectateur puisse ressortir avec le sentiment que la pièce aurait pu durer une heure de plus ou une heure de moins (au reste, Martinelli a opéré des coupes dans le texte). Moins aride également qu’à l’accoutumée, l’écriture de Norén joue sur le ressentiment et le manque d’amour exprimés par tous les personnages pour qui la fin de vie est l’occasion d’échanges sur tous les tons, servis par une mise en scène qui, justement, emprunte à tous les registres, y compris comiques.

Au sein du quatuor, plutôt que le père, alcoolique dont l’amour clamé à longueur de temps pour sa femme marque en vérité une peur de l’abandon, le véritable héros de la pièce est John, le fils cadet, projection assez transparente de l’auteur qui assume la part autobiographique de l’œuvre. Parti jeune du domicile familial, il s’est installé à Stockholm, puis Copenhague, a côtoyé metteurs en scènes, réalisateurs (Dreyer) et musiciens (la femme de Stan Getz) et revendique une liberté à l’égard de sa famille. Alors que ses père et frère s’attachent à Lena, il semble légèrement insouciant à la maladie de sa mère sauf lorsqu’il se retrouve seul et livre un magnifique monologue sur le manque d’amour dont elle lui a témoigné.

À côté de ce personnage interprété par Alban Guyon, Ingemar, le frère aîné, développe un Œdipe souterrain (son père semble savoir que son fils finira par le tuer et il appelle sa mère « ma chérie ») et Ernst se montre plus qu’accablé. À ce titre, on peut trouver que le père de famille se laisse aller, se perdant dans la boisson et profitant du jeu de Jean-Pierre Darroussin qui n’hésite pas à en rajouter dans le caractère traînant et voûté voulu par le rôle. Mais, indéniablement, ce choix participe de la lassitude écrasante qui suinte du plateau, le quatuor étant écrasé par la chaleur caniculaire de l’été suédois, dépassé par ce grand hôtel sans aucun client et bouleversé par l’événement douloureux qui le frappe et le bilan de leur vie qu’il induit.

François Bousquet
le 14/02/2013

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