Festival Mo’Fo 2013 : Postcoïtum / Fairhorns / Reverend Beat-Man

 date du concert

26/01/2013

 salle

Mains d’Oeuvres,
St Ouen

 tags

Fairhorns / Mains d’Oeuvres / Postcoïtum / Simiam Lucis

 liens

Mains d’Oeuvres
Simiam Lucis
Postcoïtum
Fairhorns

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Alors que quelques semaines plus tôt nous parlions de Postcoïtum lors de nos découvertes Twitter, voici que le duo passait au Festival Mo’Fo’ ce samedi. L’occasion pour nous de voir cette formation en live, de faire quelques découvertes dans le cadre du festival et de remettre les pieds à Mains d’œuvres que nous n’avions pas fréquentée depuis quelques temps.

On arrive sur place à peu près à l’heure, vers 18h, mais les portes n’ont pas encore ouvert et une file d’attente s’est déjà formée dans la rue. Une fois à l’intérieur, on a l’impression de redécouvrir les lieux puisque la billetterie est à l’étage, une grande salle accueille DJ set, merchandising et ateliers sonores, puis en redescendant on découvre deux salles de concerts sobrement nommée Mo’ pour la petite salle et Fo’ pour la grande. Surprise donc de découvrir deux salles et de constater que les artistes jouent simultanément à raison de 4 groupes par salle.

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Postcoïtum

On fait le tour du propriétaire, on prend un verre et on descend repérer les lieux, salles et enchainement des concerts. Ca tombe bien, Postcoïtum débute à 18h45 dans la petite salle. Les deux musiciens sont prêts, Bertrand Wolff, l’homme à la cravate aux machines et Damien Ravnich, l’homme au nœud papillon à la batterie. On avait écouté l’album, on avait vu quelques vidéos de leur précédent concert à l’International, aussi on aura l’impression d’être en terrain connu. La formule batterie / électronique n’est pas si commune, en particulier quand les deux parties jouent à égalité : un tempo bien marqué que l’on a envie de comparer à un math-rock mais Damien part aussi dans des expérimentations issues des musiques improvisées, juste pour nous contredire. De la même façon l’électronique se fait tour à tour expérimentale et abstraite, par exemple sur une longue introduction, avant de partir sur des tournoiements de basses qui viennent appuyer la batterie.
Un duo en accord parfait, chaque musicien à son petit passage solo et les morceaux semblent se dérouler tout seuls, avec facilité. On se sait même plus si tous les titres étaient distincts ou parfois enchainés mais le concert sembla se dérouler à une vitesse folle. On ressortira de la salle avec le sentiment d’un set extrêmement bien rodé alors que le duo n’a qu’une grosse année d’existence. Une confirmation donc pour notre découverte Twitter.

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Fairhorns

On passera dans la grande salle pour voir ce que donne Camera, formation allemande largement saluée par la presse. C’est peut-être très bien sur disque mais là c’est un peu plat et on s’ennuie assez vite.
Retour dans la petite salle où Fairhorns a déjà commencé son set. Sur le coup on ne comprend pas trop, on a l’impression qu’il chante dans un masque à gaz. Membre de Beak> aux côtés de Geoff Barrow, Matt Williams est ici seul derrière ses machines, croisant la douceur de nappes mélodies et vocaux distordus, chantés non pas dans un masque à gaz mais dans son casque audio. Avec ses cheveux longs, un peu d’embonpoint, l’impression de toujours faire la gueule, Fairhorns nous fait penser à un James Blackshaw qui aurait troqué sa 12 cordes contre des synthés vintages.
Mais ça fonctionne plutôt bien, le bonhomme sait capter l’attention du public et il a l’art de brouiller les pistes, entre électro-pop, krautrock, voire shoegazing si on extrapole un peu, en mêlant rage et douceur. Ca sera notre bonne surprise / découverte de la soirée.

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Reverend Beat-Man

La grande salle n’étant définitivement pas faite pour nous, on reviendra bien vite dans la salle Mo’ pour le concert à venir de Reverend Beat-Man. On ne connaissait pas le bonhomme et a posteriori on dira que c’est tout à fait normal. Une énorme banderole annonce la couleur : Blues Trash. Quand on le voit arriver sur scène, on se demande un peu d’où il est sorti déguisé en prêtre avec un physique de boxeur, le genre de gaillard qu’on n’aimerait pas croiser tard le soir dans une ruelle.
Petit rituel à base d’encens, signe de croix dessiné sur le front des fans-fidèles venus en nombre, puis le concert débute. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, le faux révérend équipé de guitare et percussions délivre un blues brut et puissant. Et puis "The Devil" sort de sa valise, sous la forme d’une frêle jeune femme en tenue légère, rouge à lèvre pailleté et peau largement tatouée. Celle-ci fait le spectacle, se trémousse, fume une cigarette, lit la bible, manipule quelques machines parfois, et finit par vider un sac de plume sur le public.
Un concert qui prend donc régulièrement la forme d’un spectacle de cabaret, complètement décalé, en particulier quand Reverend Beat-Man fait mime de baiser sa guitare puis comme par vengeance, de se prendre le micro dans le postérieur. Même si cette musique n’obtient pas notre préférence, on reconnaitra que l’artiste à l’art du spectacle. Il quittera la scène comme il est venu, saluant et bénissant le public, mais en remplaçant l’eau bénite par la bière !!

Dans la petite salle, c’est James Pants qui clôturait la soirée. Débutant par une house funky, on s’accrochera pour rester encore sur un titre ou deux. Entouré de claviers l’artiste semble resté scotché sur les années 70-80 dont il reprend les codes et les musiques, à la manière d’une bastard pop, sur une voix de crooner saturée. On abandonnera assez vite, mais on sera globalement très content de cette soirée.

Fabrice ALLARD
le 04/02/2013

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