Sigtryggur Berg Sigmarsson / City Hands / Floris Vanhoof

 date du concert

17/02/2013

 salle

Espace En Cours,
Paris

 tags

Espace En Cours / Floris Vanhoof / Le Non_Jazz / Sigtryggur Berg Sigmarsson

 liens

Le Non_Jazz

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Comme souvent avec les concerts du Non_Jazz (et c’est aussi un peu cela qui fait le charme des plateaux montés par la petite structure parisienne), on s’y rendait en ne connaissant les artistes que de nom et la soirée commença plus tard qu’annoncé, en raison de soucis techniques et de l’annulation d’un des cinq sets prévus (Lieven Moana étant empêché pour raisons familiales).

Posté au milieu de la salle de l’Espace En Cours, Floris Vanhoof débuta en présentant son projet, fait d’images diffusées par deux projecteurs 16mm et deux projecteurs à diapositives et de sons électroniques lancés de ses machines. La superposition des images (pour moitié bucoliques, prises dans la vallée du Tarn, et pour moitié plus abstraites) et l’electronica faite de crépitements, glitchs et bribes mélodiques mises en boucle donna un ensemble fort convaincant dans lequel le spectacle était autant sur l’écran et dans les enceintes que dans la salle. En effet, voir le Belge manipuler ses filtres de gélatine pour colorer ses projections, changer ses bobines et pellicules, tourner les boutons de ses appareils pour travailler sur la netteté et la taille de ses images était tout aussi captivant que le résultat produit.

Malheureusement, il n’en fut pas autant de City Hands même si le Néerlandais usa également d’un support visuel, convoquant des diapositives projetées derrière lui. Entre collages kitchs et fantasmagories outrancières, celles-ci nous semblèrent bien loin de la musique proposée, soit une électronique plutôt minimale mais sans véritable intérêt. Un décroché qualitatif fut même atteint lorsque Manuel Padding s’essaya au chant, lâchant quelques paroles d’une platitude absolue : « I’m lost/I’m walking/I don’t know where I am/The only thing I can remember is that I have to walk ».

Le programme nous annonçait que la prestation de Sigtryggur Berg Sigmarsson pouvait aussi se voir comme « une certaine approche de comédie stand up, déviante et pince-sans-rire ». Précisément, le musicien commença son set par crier, réclamant une bière, hurlant que cela faisait 30 minutes qu’il n’avait rien à boire et qu’il ne pouvait jouer dans ces conditions, avant de s’asseoir comme si de rien n’était et d’envoyer ses premières notes. Plutôt ambient dans son premier tiers, son live s’orienta vers une musique plus rythmée, quasi dansante par la suite, flirtant alors avec une forme de new-wave. Celui que ces pages avaient déjà évoqué en tant que membre de Stilluppsteypa conservait son sérieux tandis que les spectateurs des derniers rangs, ceux qui étaient restés debout, esquissaient quelques hochements de tête et autres mini-mouvements de danse, emportés par ses pulsations. Tout juste pourra-t-on regretter une certaine nonchalance de l’Islandais, calé au fond de sa chaise, les jambes croisées l’une sur l’autre et assis de biais, cliquant de temps en temps sur son laptop et regardant parfois son téléphone, comme s’il se contentait de lancer les pistes musicales sans les retravailler, ni se préoccuper d’une quelconque durée.

François Bousquet
le 19/02/2013

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