Montedidio

 auteur

Erri de Luca

 metteur en scène

Lisa Wurmser

 date

du 08/02/2013 au 16/03/2013

 salle

Théâtre de l’Atalante,
Paris

 appréciation
 tags

Erri de Luca / Théâtre de l’Atalante

 liens

Théâtre de l’Atalante

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Mécanisme toujours un peu délicat, la transposition scénique d’une œuvre romanesque trouve une nouvelle déclinaison avec le choix de Lisa Wurmser de porter au théâtre Montedidio. Roman d’Erri de Luca ayant obtenu le Fémina étranger en 2002, ce texte se veut le récit initiatique d’un adolescent dans le Naples des années 1950 à qui son père offre un boomerang, objet transitionnel censé l’accompagner dans son avancée dans la vie et ses soubresauts : mort de sa mère, école délaissée pour aller gagner sa croûte chez un menuisier, premiers amours avec la belle voisine…

Dans une mise en scène sobre, marquée par une scénographie œuvre du Napolitain Michele Iodice (décor en carton-pâte froissé, nid accueillant les ébats des amoureux), le jeune garçon se confronte au chagrin de son père et à une autre figure tutélaire, celle d’un vieux cordonnier, rescapé des camps de concentration et qui se sent pousser des ailes dans le dos pour, un jour, rejoindre Jérusalem. L’ensemble se veut alors plus proche du conte onirique et poétique que du récit vériste et naturaliste ; comme souvent avec ce type d’entreprise, le réel laisse place à une forme de symbolisme un peu naïf, forçant parfois sa dimension métaphorique. Ainsi en est-il donc du boomerang que le héros, posté sur le toit des maisons, s’entraîne à faire voler, du nid où les amoureux se réfugient et, plus généralement, d’une atmosphère portée sur la parabole.

Alternant passages descriptifs et moments de dialogue entre les personnages, réservant aussi des réflexions plus profondes (sur la différence entre langue italienne et langue napolitaine, forme de déterminisme social), Montedidio (nom d’une colline de Naples) voit ses rôles d’adolescents joués par des adultes. Si, dans un premier temps, le procédé peut décontenancer (Jérémie Lippmann en rajoutant un peu dans la dégaine juvénile : bretelles, culottes courtes, cheveu en bataille, phrasé légèrement gouailleur), on finit par accepter le postulat et se laisser prendre au jeu de cette fable touchante.

Autres dates :
- 22 mars 2013 : Barbacane - Beynes
- 26 mars 2013 : Pôle artistique - Alfortville

François Bousquet
le 06/03/2013