Par Nature

 date

du 22/09/2012 au 17/03/2013

 salle

Le 104,
Paris

 appréciation
 tags

Le 104

 liens

Le 104

 dans la même rubrique
du 22/09/2016 au 11/12/2016
Mark Geffriaud : Deux Mille Quinze
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 06/09/0216 au 29/10/2016
Paris
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 02/06/2016 au 09/10/2016
Telling Tales : Excursions In Narrative Form
(Museum of Contemporary Art)
du 23/06/2016 au 11/09/2016
Mika Rottenberg
(Palais de Tokyo)

Comme l’an passé avec In_Perceptions, le 104 accueille pendant l’automne et l’hiver une exposition collective faite d’œuvres plutôt monumentales, occupant l’intégralité d’une des cellules situées de part et d’autre de la Halle Aubervilliers, ou installées au milieu de cet espace. Ces pages ont déjà pu souligner à quel point la nouvelle orientation artistique prise par l’établissement parisien depuis que José Manuel Gonçalves en a pris la direction s’avère pertinente : lieu investi par un public mélangé (très nombreuses familles, voisins du XIXe arrondissement, Franciliens venant de plus loin), état d’esprit bon enfant (les poussettes côtoient sans heurts les pratiques urbaines amateurs et libres : breakdance, jongles, etc…) et saison trouvant un juste équilibre entre exigence (la programmation spectacle vivant, le festival Présences Électronique) et orientation plus grand-public comme ces expositions travaillant des thématiques récurrentes de l’art contemporain.

JPEG - 23.5 ko
Zimoun - Woordworms, wood, microphone, sound system
(courtesy galerie Denise René)

Le rapport à la nature est, à l’évidence, de celles-là et les neuf pièces ici présentées sont censées tourner autour de cette relation. Après avoir laissé de côté la série de photographies de Christophe Beauregard, suite de portraits façon trombinoscope d’entreprise ou photos d’identité dont on saisit mal la portée comme la présence ici, on s’arrêtera en revanche sur le travail de Zimoun. Artiste suisse, il propose deux œuvres et tout d’abord une tour ronde faite de 416 cubes de carton de 60cm de côté sur lesquels a été collé un petit moteur faisant tourner une corde de chanvre ; le bruit de la cordelette heurtant le carton comme le caractère incessant de ce procédé démultiplié renvoie au travail à la chaîne et à sa mécanisation. À l’opposé de cette création gigantesque, il peut aussi poser un micro au-dessus d’une racine afin de saisir le son fait par les vers à bois nichés à l’intérieur et mastiquant le bois.

JPEG - 43.4 ko
Céleste Boursier-Mougenot - from here to ear
(courtesy galerie Xippas)

Même volonté de mettre à contribution des êtres vivants pour produire un bruit chez Céleste Boursier-Mougenot avec sa célèbre installation From Here To Hear, où une vingtaine de guitares et basses (toutes des Gibson) sont tenues horizontalement à un mètre du sol et servent de perchoirs à des mandarins. Allant d’un instrument à l’autre, les oiseaux créent ainsi de la musique, à mesure que leurs pattes agrippent les cordes ou frottent le manche en se déplaçant. Onirique et aléatoire, car soumise au bon-vouloir des mandarins, cette œuvre est bien aussi convaincante que ce qu’on avait imaginé. Moins forte mais trouvant parfaitement sa place dans cette proposition, le Jardim Do Éden de Joana Vasconcelos se présente comme un labyrinthe plongé dans le noir, avec pour seul éclairage des petites plantes en plastique balisant le chemin jusqu’à la sortie. Prenant le contrepied de l’imagerie traditionnelle du Jardin d’Éden, habituellement éclatant de lumière, cette installation se fait également suffisamment ludique pour plaire aux nombreux enfants la visitant.

À l’extérieur, tandis que l’ensemble de pommes écrasées par un rouleau-compresseur (September 2nd 2006 de Gu Dexin) critique un peu paresseusement la société de consommation, le rectangle de terre sur lequel Hema Upadhyay a planté quelques brins d’herbe censés écrire une lettre à ses parents ne fonctionne guère (probablement en raison du gel qui a freiné la pousse) et l’I Am Free de Moataz Nasr (double escalier conduisant à deux immenses ailes dessinées sur une cimaise et permettant à chacun de se faire prendre en photo avec cet attribut dans le dos) pêche quelque peu par naïveté.

François Bousquet
le 13/03/2013

À lire également

26/03/2011
Présences Electronique
(Le 104)
13/03/2009
Présences Electronique
(Le 104)
30/03/2014
Présences Electronique
(Le 104)
05/04/2013
Présences Electronique
(Le 104)