Midaircondo

 date du concert

07/03/2013

 salle

Institut Suédois,
Paris

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Institut Suédois / Midaircondo

 liens

Midaircondo
Institut Suédois

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Alors qu’on fréquente de temps à autre ce lieu depuis une douzaine d’années, on n’avait pas encore évoqué ici l’Institut Suédois. Il faut dire que les expositions présentées relèvent davantage de l’artisanat ou de l’art plus ancien que celui auquel ces pages s’attachent, que les quelques pièces de théâtre vues sur place n’avaient pas suffisamment retenu notre attention et qu’au total, nous nous rendons dans cet hôtel particulier du Marais surtout pour son très sympathique Café suédois. Cependant, il arrive que le lieu programme des concerts ; si la majorité n’intervient pas dans notre champ d’étude (tel le partenariat annuel avec le festival Les Femmes s’en Mêlent qui permet à une jeune scandinave intervenant à la guitare ou au piano de se produire chaque hiver), des incursions dans nos genres de prédilection se font parfois. À ce titre, on se souvient de la tenue d’un plateau, fin novembre 2003, la veille des formidables et défuntes Boréales Digitales caennaises, où on avait apprécié Mokira, Smyglysssna et Dwayne Sodahberk.

C’est dans ce contexte qu’on se rendait donc à l’Institut Suédois pour assister à la prestation de Midaircondo, duo de Göteborg dont on suit les parutions discographiques depuis leur première sortie sur Type fin 2005. À l’époque trio, centré sur une electronica-folk chantée, le groupe a perdu sa percussionniste, fondé son propre label et opté pour un positionnement plus proche d’une forme de jazz expérimental. Précisément, à la fin de la recension de Reports On The Horizon, publié fin 2011, nous faisions état de notre attente de voir le groupe sur scène, si possible dans une configuration avec la batteuse Michala Østergaard-Nielsen qui témoignait, sur cet album, de cette nouvelle orientation musicale. C’est pourtant uniquement en duo que Midaircondo opéra en ce début de soirée, mais la formation conserva néanmoins la volonté de s’inscrire dans cette continuité stylistique : peu d’interventions vocales, aspect free-jazz du jeu du saxophone de Lisen Rylander Löve, forte présence d’éléments électroniques.

Mise en boucle de différents matériaux, superposition de ceux-ci, ajout de composantes électroniques étaient ainsi convoqués pour échafauder un ensemble auquel les deux jeunes femmes étaient parties. Debout, de part et d’autre de la table où étaient installés ordinateurs, sampleurs, tables de mixage et claviers, les Suédoises purent également attraper des instruments réels : saxophone alto pour l’une et flûte traversière basse pour Lisa Nordström, percussions pour les deux (kalimba, grelots, collier de perles frotté contre le micro). L’intégration des instruments non percussifs constitue assurément la part la plus singulière du travail des jeunes femmes ; sous cet aspect, cette incorporation se fit plus convaincante pour la flûte que pour le saxophone, celui-ci nous paraissant prendre trop le dessus sur le reste (pour autant, cette impression résultait peut-être de notre positionnement, au premier rang, qui fit que nous entendions à la fois l’instrument en direct et repiqué et traité par son micro).

L’heure de concert vit Midaircondo enchaîner une bonne demi-douzaine de titres, étirés dans la durée, et servis par des visuels lancés par Lisa Nordström : plus décoratifs qu’autre chose, ceux-ci opéraient, en effet, dans un registre tantôt hypnotico-psyché, tantôt poético-étrange (à l’image de cette vidéo, diffusée au ralenti, où les deux musiciennes montent et descendent un escalier). Plus généralement, et nonobstant les fortes qualités musicales de la prestation, cette dernière nous parut manquer un petit peu de surprise (si ce n’est de voir certaines percussions, comme un bol en étain, non utilisées). Impression confirmée à la vue des quelques vidéos live trouvées sur internet qui voient le duo offrir le même set depuis au moins deux ans : même tenues apprêtées (tuniques moirées à reflets scintillants, ensemble sombre, chaussures à hauts talons compensés), même disposition scénique et même rendu musical.

François Bousquet
le 12/03/2013

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