Correspondances

 date

du 01/02/2013 au 05/05/2013

 salle

Espace culturel Louis Vuitton,
Paris

 appréciation
 tags

Alighiero Boetti / Clarisse Hahn / Espace culturel Louis Vuitton / Guillaume Leblon / Jan Dibbets / Vittorio Santoro

 liens

Espace culturel Louis Vuitton

 dans la même rubrique
du 26/04/2017 au 14/08/2017
Walker Evans
(Centre Pompidou)
du 01/07/2017 au 20/08/2017
Laurent Pernot : Pas de Rose pour l’Infini
(Passage Sainte-Croix)
du 18/05/2017 au 23/07/2017
Kaye Donachie : Sous les nuages de ses paupières
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 23/05/2017 au 01/07/2017
Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e (...)
(Fondation d’entreprise Ricard)

Il y a quelques semaines, ces pages évoquaient L’Apparition des Images, proposition qui partait de l’idée qu’à l’époque où la photographie numérique semble monopolistique, la photographie argentique continue de fasciner. On pourrait reprendre ce schéma pour Correspondances, exposition collective programmée par l’Espace culturel Louis Vuitton et attachée au mail art, cette mouvance née dans les années 1950 qui perdure encore aujourd’hui, nonobstant la dématérialisation des échanges (courriels, SMS, tweets…).

JPEG - 71.7 ko
Eleanor Antin - 100 Boots in the Market
(courtesy Ronald Feldman Fine Arts, New York)

Le mail art consiste en l’utilisation du courrier postal, des enveloppes, des timbres et flammes comme support artistique, voire comme composante même de la création. Apportant une large dimension participative puisque l’expéditeur, comme le destinataire, font partie intégrante de l’œuvre (mécanisme qu’éprouve, par exemple, Vittorio Santoro quand il demande à plusieurs connaissances de lui envoyer une lettre avec la simple phrase « Silence Destroys Consequences » écrite à la main), ce dispositif permet également aux plasticiens de s’extraire des contraintes lourdes de production afin de proposer des œuvres plus légères dans leur conception. Ainsi en est-il du travail de Roy Johnson, pionnier du genre, dont sont présentées plusieurs dizaines de courriers envoyés à des amis et sur lesquels il avait réalisé dessins ou collages. De même, Jan Dibbets et Alighiero Boetti ont envoyé, pendant un séjour respectivement au Canada et en Afghanistan, plusieurs lettres ou cartes postales, ici exposées, tandis qu’Eleanor Antin se sert de cartes postales pour diffuser les photos drolatiques de sa série 100 Boots (natures mortes dans lesquelles 50 paires de bottes sont mises en situation : à l’usine, à la campagne, dans un parc…).

JPEG - 44.2 ko
Walead Beshty - Fedex Sculptures (extrait)
(courtesy Wallspace Gallery, New York)

Parfois, à l’inverse, la dimension postale prend une tournure beaucoup plus massive comme lorsque Walead Beshty fait expédier vers le lieu d’exposition des cubes de cuivre poli, sans les envelopper, ni les protéger ; arrivant revêtus des autocollants et tampons postaux, ils sont également soumis aux aléas du transport (choc, rayures, etc…). Même volonté de saisir le résultat d’un envoi postal chez Eugenio Dittborn qui envoie ses grandes peintures dans des enveloppes, postulant que les marques de pliures forment un matériau créatif supplémentaire. Autre attachement au « para-postal » avec Guillaume Leblon qui reproduit des fragments de porte de maisons londoniennes, agrémentées chacune d’une fente pour permettre la distribution du courrier.

Enfin, dans une démarche plus littéraire, Danh Võ a demandé à son père de réécrire la dernière lettre d’un missionnaire français vivant au Vietnam et condamné à mort, pendant que Clarisse Hahn mêle images filmées du désert mexicain et correspondance postale avec Thomas Clerc, directement projetée, tels des sous-titres, sur sa vidéo.

François Bousquet
le 04/05/2013

À lire également

du 06/09/0216 au 29/10/2016
Paris
(Fondation d’entreprise)
du 08/06/2016 au 29/08/2016
Un Art Pauvre
(Centre Pompidou)
du 11/09/2015 au 06/12/2015
Tout le monde
(Crédac)
du 1/12/2008 au 10/1/2009
Phoenix vs Babel
(Fondation d’entreprise)