In Love With Federer

 auteur

Denis Maillefer

 metteur en scène

Denis Maillefer

 date

du 27/03/2013 au 29/03/2013

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Culturel Suisse / Denis Maillefer

 liens

Centre Culturel Suisse

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Moins connu en France que son comparse de la même compagnie Massimo Furlan, Denis Maillefer est pourtant, depuis une petite trentaine d’années à la tête du Théâtre en Flammes, structure associative lausannoise. Comme souvent, il faut donc compter sur une institution comme le Centre culturel suisse pour importer et diffuser le travail du créateur, accompagné cette fois-ci par Bastien Semenzato. Fascinés, l’un comme l’autre, par Roger Federer, les deux amis ambitionnent de réaliser une forme d’ode au joueur de tennis ; plutôt qu’un portrait ou une biographie chronologique, les Suisses font ainsi le choix d’une approche de biais, louant leur compatriote comme emblème d’un jeu s’échappant des canons actuels de ce sport (moins physique que d’autres, plus élégant).

Entourés de dix-sept écrans (chacun diffusant l’une des dix-sept finales victorieuses en Grand Chelem de Federer), Maillefer et Semenzato dissertent en conséquence sur le beau, le superbe ou le geste, comme métonymies d’un sportif qu’ils ne nomment jamais, utilisant à la place toute la gamme des pronoms et adjectifs (« il », « lui », « son », « ses »). Quelques phrases, que les deux camarades donnent l’impression de trouver en direct, témoignent alors de la place symbolique qu’occupe Federer (« il a un corps, non : il est un corps ») tandis que les moniteurs retracent les victoires, plus ou moins franches, du Bâlois. Nettes et en vitesse réelle, les images vont peu à peu être traitées (ralenti, filtre, surexposition) pour finir par atténuer les différentes spatiales et temporelles entre ces finales, pourtant étalées sur trois continents et dix années.

Admiratifs du joueur (jusqu’à leur tenue de scène : polos du même équipementier, baskets, protèges-poignets), les interprètes savent les limites de l’homme et assument alors de passer sous silence les sujets qui fâchent (relation avec les sponsors, etc). Il en résulte un objet plus proche de la performance que du théâtre véritable, touchant, sincère et en même temps conscient de son caractère un peu suranné dans son enthousiasme légèrement naïf à l’égard de son sujet d’étude.

Autres dates :
-  4 et 5 avril 2013 : Château Rouge - Annemasse
-  du 16 au 18 mai 2013 : Théâtre les Halles - Sierre
-  du 22 au 26 mai 2013 : Arsenic - Lausanne

François Bousquet
le 02/04/2013

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