Memento Mori

 chorégraphe

Pascal Rambert

 date

du 27/03/2013 au 06/04/2013

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Pascal Rambert / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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À l’image de ce qu’ont pu faire quelques titres de presse, il conviendrait peut-être de conseiller au lecteur qui souhaiterait assister à Memento Mori d’arrêter là la lecture et de ne pas non plus lire le programme de salle distribué à l’entrée. De fait, goûter le nouveau spectacle de Pascal Rambert le plus vierge possible s’avère plutôt recommandé tant il joue sur des effets de surprise et de dévoilements progressifs.

Plongée dans le noir intégral (même les éclairages de sécurité ont été éteints), la salle se trouve tout d’abord confrontée à des formes quasi-spectrales dont on aperçoit difficilement les mouvements, évoluant doucement comme portées par une nappe électronique. Sont-elles vêtues d’une combinaison phosphorescente ? recouvertes d’une peinture réfléchissante ? ou s’agit-il simplement d’un habile jeu de lumière ? À mesure qu’avance la proposition, que les déplacements et gestes se font plus amples et les plages de totale obscurité moins longues, les réponses émergent en même temps que les corps de la noirceur. Métaphores évidentes de la genèse et de la période avant la chute convoquées par Rambert, ces figures renvoient également à des précédentes créations du Français dans lesquelles il interrogeait déjà la nudité et l’obscurité.

Révélé un peu plus par de nouveaux jeux de lumière façon halo nuageux, le plateau accueille ensuite les cinq danseurs en même temps pour une seconde partie où on les voit se rapprocher, unir leurs corps dans un simulacre de rite païen et se couvrir mutuellement d’une matière flasque qu’on imagine être de la glaise, parfait moyen de continuer à évoquer la naissance ou la sortie de cocon. Soulignée quand les projecteurs se teintent de bleu-vert et que les interprètes représentent alors des larves s’échappant de chrysalides, cette lecture est contredite quand les lumières, réalisées par Yves Godin, se font rouges. Plus proche alors d’œuvres picturales (on pensa au Saturne dévorant l’un de ses enfants de Goya), le plateau vire au presque sanguinolent quand le vrombissement sonore se fait plus présent, avant de révéler la nature de la matière échangée, qui se révèle être beaucoup plus organique qu’imaginée.

Autres dates :
- 9 et 10 avril 2013 : Théâtre Daniel Sorano - Toulouse

François Bousquet
le 12/04/2013

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