Yukonstyle

 auteur

Sarah Berthiaume

 metteur en scène

Célie Pauthe

 date

du 28/03/2013 au 27/04/2013

 salle

Théâtre de la Colline,
Paris

 appréciation
 tags

Sarah Berthiaume / Théâtre de la Colline

 liens

Théâtre de la Colline

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Auteur canadienne jamais encore jouée en France, Sarah Berthiaume a été repérée par Célie Pauthe dans le cadre des séances de lecture de la Colline. Charmée par l’écriture de la Québécoise, elle décide de mettre en scène Yukonstyle, pièce concentrée sur quatre personnages vivant dans la même ville de l’état du Yukon (nord-ouest du Canada, à la frontière avec l’Alaska). Si la description des solitudes contemporaines confrontées aux aléas de la vie (grossesse non désirée, non-dits familiaux, fin de vie, poids des origines) n’apporte pas grand-chose par rapport à ce que la production littéraire et théâtrale peut apporter, Berthiaume y ajoute habilement deux autres dimensions. D’une part, un aspect poético-fantastique avec des apparitions d’un corbeau issu de la mythologie amérindienne et, d’autre part, un regard sur la condition des « natives », condamnées à la prostitution et à la précarité.

Pour servir le propos de Sarah Berthiaume, Célie Pauthe a fait le choix de conserver la langue originale, avec ses anglicismes, québécismes (« un char blanc », « une couple de jours plus tard ») et interjections typiques (« crisse de calice »). Prononcés par des acteurs sans accent québécois, ces mots donnent un sentiment de décalage au début qui, cependant, s’estompe peu à peu, à mesure qu’on est pris dans le déroulé de la représentation et la conjonction des matériaux dramaturgiques.

En même temps qu’elle combine ces éléments, la pièce parvient à entremêler également les niveaux de récit : présent d’action, présent de narration et flashes-back. Chaque comédien est ainsi amené à interpréter des rôles dans chacune des trois temporalités, alternant dialogues et passages récitatifs. La scénographie de Guillaume Delaveau (dont on se souvient qu’il avait très bien monté, il y a une dizaine d’années, La Vie est un Songe), aide aussi à figurer les différents lieux (appartement, chambre d’hôpital, parking de supérette) en ne déplaçant qu’un meuble ou deux. Dans ce contexte, on relèvera aussi la forte présence des paysages du Yukon, son grand froid, sa rigueur et sa rivière, jusqu’aux images projetées en fond de scène, faux travellings pour des personnages qui, bien que certains quittent la vie, ne quittent en vérité jamais leur ville.

Autres dates :
-  du 8 au 26 mai 2103 : Théâtre Vidy-Lausanne
-  décembre 2013 : MC2 - Grenoble

François Bousquet
le 21/04/2013

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