Présences Electronique 2013 - KTL / Helena Gough / Felix Kubin / Morton Subotnick

 date du concert

05/04/2013

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Felix Kubin / Festival Présences Electronique 2013 / Helena Gough / INA / GRM / KTL / Le 104 / Peter Rehberg / Stephen O’Malley

 liens

Felix Kubin
Peter Rehberg
KTL
INA / GRM
Stephen O’Malley
Le 104
Helena Gough
Festival Présences Electronique 2013

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Sorti du concert de Leila, tout le monde fait la course afin de récupérer son ticket pour la séance de 20h qui se déroulera dans une salle plutôt bien remplie pour un vendredi soir. On imagine que les fans de KTL sont au rendez-vous car l’affiche de cette première soirée reste très expérimentale.

Vers 20h donc, c’est Morton Subotnick qui ouvre la soirée. Ce grand nom, précurseur des musiques électroniques, est particulièrement connu pour Silver Apples of the Moon, une pièce composée en 1967 sur synthétiseur Buchla 100. Subotnick contribua d’ailleurs énormément à la conception de ce synthé modulaire, donnant notamment l’idée d’une machine contrôlée par voltage afin de moduler le son.
Pièce découpée en deux parties afin de remplir les deux faces d’un disque vinyle, nous n’en auront ce soir qu’une petite moitié. Bleeps, piaillements et hululements confèrent à Silver Apples of the Moon une touche pop et ludique. La pièce se partage entre lentes abstractions assez typiques des expérimentations électroniques de l’époque et cascades de bleeps mélodiques et basses rythmiques reproduisant une forme musicale plus classique avec rythmique/basse et mélodie.

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Felix Kubin

Les concerts s’enchaînent assez rapidement, aussi voilà Felix Kubin qui fait son apparition sur scène. La dernière fois que nous avions vu l’Allemand, c’était en 2001, au Nouveau Casino. Il produisait alors une musique festive et ludique, déguisé en robot ou extraterrestre.
Dix ans plus tard, Felix Kubin joue en costume à Présences Électronique, autant dire que son apparition sur scène fut une drôle de surprise. Sur la forme, la prestation s’apparentait à la présentation d’une banque de sons que Felix Kubin ne cesse d’enregistrer, classer, emmagasiner. L’entrée en matière est un peu rébarbative : une voix annonce un code, puis on entend le son auquel ce code fait référence. On est dans le catalogage pur et simple. Et puis petit à petit les codes laissent la place à des références plus imagées, du style "Dans la nature, Fauvette babillarde...", suivi de field recordings bucoliques, puis on passe en revue un catalogue d’objets (porte et fenêtre, clic-clac, micro-onde, bouilloire, pop-corn) et actions (ouvrir, fermer) en passant par l’humour noir : fracture du bras, décharner, décapiter et finir par tout mélanger, créant des croisements improbable du style "décapiter / pop-corn / bouilloire" toujours suivi des sons illustrant le propos.
Un concert en forme d’exercice de style, dont on appréciera l’humour propre à l’artiste mais dont on regrettera le cadre un peu formel.

Surprise ensuite puisque c’est de nouveau à la console que se produit Helena Gough, une artiste que l’on découvre pour l’occasion. Un profil atypique pour cette anglaise puisqu’elle vit exilée à Madère, où elle compose une musique plutôt minimaliste.
Débutant par le traitement de field recordings, elle s’est ensuite orientée vers les sonorités électroniques comme elle nous en donna un aperçu ce soir. Si l’on a souvent un peu de mal avec les pièces acousmatiques, notamment en raison d’un cadre souvent trop rigide, une nouvelle génération parvient à s’en détacher et à proposer autre chose. C’est justement le cas de cette anglaise qui nous séduit très rapidement. Un son pur, une alternance de grands glissements et déchirements, des sinusoïdes grésillantes, organiques, des pulsations de basses minimalistes, le tout dans une interprétation pleine de vie, faite de contraste et d’amplitude.
Il ne nous en faudra pas plus pour être conquis, aussi on passera au stand pour acheter l’un de ses albums sorti sur le label anglais Entr’acte. À noter que son nouvel album qui devrait sortir dans les semaines à venir, reprend le même principe de composition, cette fois basé sur le traitement de sons de violoncelle, avec notamment la participation d’Anthea Caddy. A suivre donc !

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Stephen O’Malley

Il doit être 21h20 quand KTL prend le relai. Même si l’on parle assez peu de ce projet, finalement moins en phase avec notre ligne éditoriale, nous n’allons pas refaire l’historique de ce duo formé par Peter Rehberg et Stephen O’Malley. Ils sont ici en tête d’affiche et on devine aisément qu’une bonne partie du public est là pour eux.
Les deux musiciens sont chacun à un bout de la scène. L’un bien sage derrière son laptop fait plutôt penser à un employé de bureau tandis que le second est bien dans son rôle avec ses cheveux longs, sa guitare et son blouson en cuir. Seule ombre au tableau, un laptop pour lui aussi afin de traiter le son de sa guitare.
Sur la forme, pas vraiment de surprise, le duo construit une lente progression de 35-40mn, mettant progressivement ses éléments en place pour arriver à un drone quasi bruitiste. Dans le détail, on reprochera tout d’abord une introduction à n’en plus finir avec O’Malley répétant sans fin une même note. Au contraire on sera agréablement surpris par la production de l’Autrichien, avec un son extrêmement fin, précis. Et puis c’est la qualité général du son qui fait plaisir alors que le drone se forme, sa richesse, ses variations de tonalités qui en font quelque chose de riche dans lequel l’auditeur semble évoluer. Malheureusement la fin sera gâchée par quelques larsens que Stephen O’Malley avait visiblement du mal à contrôler.

On quittera donc la salle sur un sentiment un peu mitigé, mais on gardera en tête l’excellente découverte d’Helena Gough.

Fabrice ALLARD
le 16/04/2013

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