33 Tours Et Quelques Secondes

 auteur

Rabih Mroué

Lina Saneh

 metteur en scène

Rabih Mroué et Lina Saneh

 date

du 08/04/2013 au 20/04/2013

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Lina Saneh / Rabih Mroué / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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Monté l’an passé au Festival d’Avignon, 33 Tours Et Quelques Secondes avait pu heurter certains spectateurs et critiques en raison de l’absence totale de comédiens sur le plateau. En effet, pour tracer le portrait de Diyaa Yamout, jeune activiste libanais suicidé en octobre 2011, Rabih Mroué et Lina Saneh vont uniquement solliciter les regards extérieurs, exprimés par divers canaux : SMS, messages téléphoniques, reportages et émissions de télévision consacrés au disparu et, surtout, commentaires sur son mur Facebook de ses connaissances et « amis ».

Globalement, le spectacle (qui tient peut-être davantage de l’installation performatrice que du geste dramaturgique) parvient à correctement intégrer les matériaux les plus récents (mur Facebook et SMS affichés sur un grand écran en fond de scène, messages sur le répondeur téléphonique diffusés dans les enceintes). En revanche, cela s’avère plus compliqué pour la télévision, trop directement et ostensiblement désignée comme voix officielle, donc forcément mensongère : grain de l’image assez laid, lourdeur du dispositif général (long générique avant le journal télévisé, commentaires appuyés), confrontation aux « seconds écrans » évidemment défavorable.

De même, naît rapidement un problème de temporalité entre les SMS et le répondeur, d’une part, et le mur Facebook et la télévision, d’autre part. Pendant que les deux premiers (émanant respectivement d’une amie palestinienne de Diyaa qui tente de rejoindre Beyrouth en avion depuis Londres et de celle qu’on suppose être un ancien amour de l’activiste) sont concentrés sur une période de quelques dizaines d’heures, le temps s’écoule plus rapidement pour les deux autres média, couvrant une période d’un mois. S’ensuit un décalage, au débit des deux seuls personnages ayant une existence « réelle » par rapport aux amis virtuels et commentateurs, comme si réel et virtuel évoluaient dans deux plans parallèles n’échangeant jamais.

Pour autant, 33 Tours Et Quelques Secondes sait, en une heure tout juste, poser quelques interrogations sur le statut de la page Facebook une fois le principal intéressé décédé (quid de tous ces ayant-droits de la vingt-cinquième heure qui viennent se réclamer de son héritage ?), sur la pérennité de son engagement et la portée du message de son acte ultime.

François Bousquet
le 17/04/2013

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