Julio Le Parc

 date

du 27/02/2013 au 13/05/2013

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Julio Le Parc / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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De Julio Le Parc, on avait le souvenir d’installations magistrales dans l’exposition Erre du Centre Pompidou-Metz, ainsi que quelques pièces d’un plus petit format vues en galerie. Pour compléter notre connaissance du plasticien argentin, le Palais de Tokyo lui consacre une grande monographie, s’étalant sur la quasi-totalité du niveau 2, à l’endroit principal du bâtiment ancienne mouture. Passés les avertissements placardés à l’entrée de l’exposition (que les épileptiques prennent garde aux clignotements ! que les enfants ne se perdent pas dans les espaces obscurs !), le public peut pénétrer, au sens premier, dans cette suite de petites salles où il s’agit de frayer un chemin et de grands espaces dans lesquels les œuvres de Julio Le Parc sont disposées en majesté.

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Vue de l’exposition

Sculpter la lumière constitue alors comme une des préoccupations majeures de l’artiste, avec ses compositions par lesquelles il va imposer aux faisceaux lumineux une trajectoire donnée, les enserrer dans des dispositifs favorisant leur réflexion sur des petites plaques d’acier ou sur des miroirs. Tentant ainsi de faire apparaître ce qui, normalement, ne peut être véritablement matérialisé, l’Argentin approche une forme de mysticisme ludique où le spectateur est pleinement acteur de l’exposition. Moduler cet espace de monstration en sollicitant le visiteur est également une volonté de Le Parc, le mettant à contribution en contraignant son déplacement (à plusieurs reprises, il faut avancer parmi de larges lamelles accrochées au plafond et obstruant le passage). Rapidement désorienté au milieu de ces labyrinthes d’acier ou de tissu, le public se voit ainsi proposer une approche sensorielle et immersive des œuvres, l’exposition poussant même cette logique participative jusqu’à offrir, à la toute fin, une salle de jeux pour essayer les expérimentations de Julio Le Parc.

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Vue de l’exposition

Très prisée des familles et enfants, la monographie conjugue à la fois cette dimension ludique et des réflexions poussées sur le mouvement et la perception : dans chacune des pièces mobiles du créateur, on est conduit à se demander qu’est-ce qui bouge. Sont-ce le support, la surface ou bien les composantes matérielles mises dessus ? Captivé par ces jeux d’optique, le spectateur peut choisir de rester dans l’ignorance, juste hypnotisé par l’utilisation du noir et blanc, du plat et du relief, des miroirs et des peintures, ou alors se rapprocher des créations et tenter d’en percer le mystère.

Si la bichromie noir/blanc est majoritairement utilisée par Julio Le Parc, il sait aussi faire palpiter la couleur qui émerge derrière un disque noir, telle une explosion solaire surgissant derrière un astre sombre. Cette couleur qu’il peut également faire éclater dans quelques compositions très chamarrées, pas forcément aussi convaincantes que le reste de ses travaux mais qui ont le mérite de prouver qu’il peut intervenir dans d’autres champs que le strict Op Art. Pour autant, c’est bien ce domaine qui constitue le fort de cette belle et foisonnante monographie.

François Bousquet
le 13/05/2013

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