Ólafur Arnalds / Greg Haines

 date du concert

13/05/2013

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

Ólafur Arnalds / Café de la Danse / Greg Haines / Statskcartsa

 liens

Statskcartsa
Greg Haines
Café de la Danse
Ólafur Arnalds

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Un Divan du Monde loin d’être rempli pour le premier, des Instants Chavirés occupés par une trentaine de personnes pour le second : les dernières venues respectives en Île-de-France d’Ólafur Arnalds et de Greg Haines (si l’on excepte une première partie de Cat Power pour l’Islandais) n’avaient pas forcément attiré la foule. Cinq ans ont passé depuis et, de toute évidence, leur notoriété (en tous cas celle d’Arnalds) a augmenté de manière exponentielle, à en croire l’impressionnante file d’attente devant le Café de la Danse et le caractère subséquemment très rempli de la salle du XIe arrondissement (fosse pleine de gens assis sur des coussins, marches occupées, personnes debout sur les côtés).

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Affiche de la tournée de Greg Haines

Pour notre part, entre le souvenir des bonnes prestations déjà citées et la connaissance des disques des deux musiciens, nous venions autant pour l’un que pour l’autre, avec peut-être un intérêt supplémentaire pour Greg Haines, ne sachant pas très bien quelle direction musicale le Britannique allait privilégier en cette soirée. Installé côté jardin, assis derrière un piano à queue, il débuta autour de 20h… ou plutôt la musique débuta avant lui puisque les nappes de synthé constituant son morceau d’ouverture furent lancées avant qu’il n’entre sur scène. Ceci fait, il put introduire le piano solo pour quelques morceaux, dans une approche néo-classique peu surprenante (travail sur la répétition du même thème mélodique, accords graves appuyés) qu’il sut néanmoins faire alterner avec des titres purement électroniques, s’appuyant alors sur un clavier-séquenceur. D’autres pièces furent même l’occasion de mélanger ces deux veines, lançant les boucles de la main gauche et attaquant le piano de la main droite, flirtant avec des tentations jazz (via l’aspect syncopé du jeu du piano) ou des rivages plus dub (écho sur les rythmiques).

Ce croisement connut son paroxysme dans deux morceaux très rythmés avec accumulation de pulsations métronomiques, introduction de mélodies provenant du piano, adjonction de percussions sèches (sistre à manche, cloche) ou d’un mélodica (bien que ce dernier ne se fît que peu entendre). Entraînants et dansants, ces deux titres, séparés par une pièce moins engageante nous firent alors regretter la configuration assise du Café de la Danse, bercés par ces compositions et tentés que nous étions par quelques mouvements corporels. Afin de souligner encore cette accointance « club », lumières et pyrotechnies étaient convoquées, dans une proposition très souvent vue dans cette salle mais qui fait toujours son effet : forts projecteurs blancs et machine à fumée disposés en fond de scène, diffusant leurs émanations en direction du public et permettant à la silhouette du musicien de se découper dans le faisceau, au milieu du panache de fumée. Un autre rédacteur de ces pages affirma, au bout de ces quarante minutes de set, avoir vu là son meilleur concert de l’année 2013 ; il y avait certainement du vrai.

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Affiche de la tournée d’Ólafur Arnalds

Attendu donc par une grande majorité du public, Ólafur Arnalds prit place, accompagné par un quatuor à cordes et un cinquième comparse, en charge principalement de l’électronique. Avant l’arrivée de ces cinq associés, il présenta son iPad, dénommé « Steve Jobs » et sollicita les spectateurs pour chanter un « la », enregistré sur sa tablette et utilisé comme tapis sonore. Échange avec la salle, volonté d’aller vers le public, mélange d’électronique et d’instrument réel : les ingrédients de l’intégralité du concert étaient posés dès ce morceau d’ouverture. L’ensemble se déroula alors selon ce programme, l’Islandais n’hésitant pas à prendre régulièrement la parole, annonçant chaque titre ou presque, racontant une anecdote ou l’historique de telle composition. Rejoint par les cinq autres musiciens, ils purent livrer une suite de titres dans lesquels l’intégration de l’électronique nous parut perfectible, à la différence de l’interaction cordes-piano, particulièrement ajustée.

Au milieu du concert, une septième personne vint occuper le milieu du plateau : l’Islandais Arnór Dan. Nouveauté de For Now I Am Winter, la présence d’un chanteur fut ainsi mise en majesté, d’autant plus que les vidéos projetées sur le grand mur de pierre du Café de la Danse soulignaient sa présence grâce à une Kinect permettant de saisir ses mouvements et de reproduire sa silhouette, constellée de points lumineux, sur le mur. Malheureusement, cet apport vocal s’avéra démonstratif et maniéré, nous faisant espérer un prompt retour des titres instrumentaux. Le rappel nous combla : débuté par un piano solo, Poland accueillit ensuite les cordes, mais de manière aveugle puisque les instrumentistes étaient restés dans les loges, quittèrent celles-ci par le couloir arrière et empruntèrent le passage derrière les gradins. Le subtil jeu de piste sur la provenance du son qui en résulta vint conclure de manière un rien malicieuse la soirée.

François Bousquet
le 22/05/2013

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