Dedans Dehors David

 auteur

Dennis Cooper

 metteur en scène

David Bobée

 date

du 29/05/2013 au 01/06/2013

 salle

Théâtre de Chaillot,
Paris

 appréciation
 tags

Dennis Cooper / Théâtre de Chaillot

 liens

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Jusqu’à présent, ces pages n’avaient évoqué David Bobée qu’au travers des mises en scène du même auteur, son complice Ronan Chéneau. Or, le Normand se confronte également à des textes autres, classiques (il a monté Roméo et Juliette) comme contemporains. Créée en 2008 et reprise en ce printemps 2013, Dedans Dehors David le voit sélectionner un chapitre d’un livre de Dennis Cooper (auteur connu pour ses travaux aux côtés de Gisèle Vienne) et le faire interpréter par Fanny Catel-Chanet, dans un monologue racontant l’histoire de David, jeune chanteur à succès.

En vérité, davantage que le narratif, l’accent semble délibérément mis sur le ressenti et l’atmosphère progressivement distillée par le dispositif scénique. À ce titre, la bande-son (œuvre de Frédéric Deslias), avec son bourdonnement, ses petits larsens et la spatialisation de la voix amplifiée de la comédienne, comme la lumière (créée par Stéphane Babi Aubert), opérant dans les rouge, blanc façon lumière du jour ou blanc plus clinique, mettent en place un ensemble plongeant le public dans cette histoire dont on ne sait jamais si elle est réelle ou imaginée. Cherchant à faire écho aux rêves de célébrité d’une partie de la jeunesse, pour mieux en souligner la vacuité et l’aspect uniquement fantasmé, Bobée installe également trois déroulants lumineux derrière l’actrice. Défilant à des rythmes différents, ces bandeaux reprennent des phrases commentant une émission de télé-crochet type Star Academy (« Les professeurs ont peur qu’Alexia ne craque », « L’acharnement de Pascal étonne les autres élèves », « Maud fait un gros caprice », etc…).

Malheureusement, la présence de ces quatre sources d’information au total, conduit parfois le spectateur à décrocher du texte dit pour se trouver captivé par les déroulants dont on perçoit rapidement le caractère ridicule et le néant voire, de manière induite, l’aspect chimérique de ce type d’ « aventure » (pour reprendre le vocable courant de ces émissions). Si l’on s’en tient au texte de Cooper, celui-ci se fait à quelques moments assez attendu, tellement le portrait de l’adolescence white trash s’avère un poncif des écritures et dramaturgies contemporaines. Parfaitement incarné par Fanny Catel-Chanet, impeccable dans ce rôle de femme-enfant-garçon, le spectacle interroge néanmoins sur son statut : a-t-il davantage sa place au théâtre ou dans un centre d’art ? De fait, son caractère performatif certain (capacité de la comédienne à restituer ce long monologue, implication physique de la jeune femme) ainsi que toutes les composantes visuelles et sonores (avec les limites qu’on a pu mettre en exergue) semblent tirer l’ensemble plutôt dans la seconde direction.

François Bousquet
le 08/06/2013

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