David Grubbs + Andrea Belfi + Stefano Pilia / Ela Orleans

 date du concert

09/06/2013

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Andrea Belfi / David Grubbs / Espace B / Stefano Pilia

 liens

Andrea Belfi
Espace B

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Initialement programmé au Point Éphémère, le plateau de ce soir avait été déplacé, quelques jours auparavant, à l’Espace B. Conséquence (ou cause ?) : une salle remplie à une petite moitié (une cinquantaine de personnes) par des gens ayant bravé le temps menaçant, l’interruption de la ligne 7 au-delà de la Gare de l’Est et la fin de week-end. Pour ouvrir les débats, Idiot Glee livra une sorte d’électro-pop sans grand intérêt, armé de deux claviers, se samplant en direct et lançant quelques boucles rythmiques. Obligé de se tordre pour tenir son micro de la main gauche, chanter et jouer de ses claviers des deux mains, James Friley pliait régulièrement sa grande silhouette mais ne nous convainquit pas pour autant.

Notre déplacement était, de toute façon, davantage motivé par le reste du plateau, et notamment la prestation d’Ela Orleans. Connue entre autres pour avoir partagé un LP avec Dirty Beaches, la Polonaise d’origine a multiplié les sorties ces trois dernières années et est déjà passée plusieurs fois à Paris. Pour autant, c’était la première fois qu’on pouvait apprécier ses compositions nettement plus ambitieuses et sombres que celles d’Idiot Glee. Assise derrière sa table et ses machines, recouverte de projections qui embrassaient la totalité de la scène de l’Espace B, la jeune femme offrit une grosse demi-heure de pièces marquées par une très forte réverbération sur sa voix. Inégal sur le premier titre, le mix se régla pour se faire plus harmonieux par la suite, permettant au chant d’être moins noyé sous les instruments et à sa pop torturée de prendre une belle ampleur. Jamais complètement macabres, bien que parés de tous les atours post-gothiques (ou slow-witch-house) imaginables, ses morceaux emplirent l’espace de la petite salle et ravirent les spectateurs.

C’est avec le souvenir mitigé d’une date aux Voûtes il y a deux ans, mais avec la conviction que l’union de trois musiciens attachants en solo pouvait déboucher sur quelque chose d’intéressant, qu’on s’apprêtait à appréhender le concert de David Grubbs, Stefano Pilia et Andrea Belfi. Tandis que les deux premiers étaient positionnés en front de scène, guitares à la bandoulière, le troisième était assis derrière sa batterie, les trois compères proposant des titres majoritairement extraits de The Plain Where The Palace Stood, récemment publié chez Drag City. Cette actualité se ressentit favorablement puisqu’à la différence de leur prestation de 2011, il était évident que l’interaction entre les trois hommes était renforcée et l’impression de musiciens évoluant de manière hermétique balayée. Néanmoins, les deux Italiens portaient une grande attention à David Grubbs qui, du manche de sa guitare, les dirigeait pour indiquer la reprise d’un thème ou le passage à la coda d’un morceau. Alternant passages improvisés, titres quasi-math-rock et courtes pièces folk chantées, l’approche instrumentale variait à chaque fois, à l’image de celle de Stefano Pilia : guitare slappée, frappée à l’archet ou agrémentée d’un e-bow pour la première et deuxième veines, six-cordes grattée ou jouée en arpèges pour la dernière. De son côté, délaissant les incorporations électroniques qu’il avait pu développer aux Voûtes, Andrea Belfi passait des balais aux baguettes, frappait des petits gongs ou s’évertuait à structurer les interventions de ses deux acolytes. Il en résulta donc un ensemble nettement plus écrit et préparé, une belle harmonie entre ces trois hommes et un concert (certes un peu long, puisque dépassant les soixante minutes) beaucoup plus emballant.

François Bousquet
le 11/06/2013

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